en une : Le raisonnement par récurrence

Dissertation de français:

Francais (college, lycee) > sujets expliqués - 31/10/2008 - correction
                
Bonjour,

Tout d’abord, ce que vous demandez, à savoir plan complet détaillée accompagné d’une introduction et d’une conclusion, n’entre pas dans le cadre des prestations proposées ici. Le but du service est avant tout de vous aider à comprendre ce qui vous est demandé, appliquer une méthode, décortiquer un sujet, construire un sujet, et non vous donner un plan clef en mains par exemple sans autre explication. (Un plan détaillé avec introduction etc. serait de plus une prestation plus onéreuse). Je vous propose donc de voir ensemble ce qui vous est précisément demandé, puis de voir comment construire un plan et avoir quelques autres idées.

Il faut commencer par décrypter le sujet : prendre chaque mot-clef, le définir, pour bien délimiter les limites du sujet : ce de quoi on doit parler, les différentes interprétations possibles éventuellement, le hors-sujet. Commençons par « la lecture permet de s’évader ». La lecture renvoie déjà à des types de lecture en fait différents : de par la question posée après, on va penser de prime abord aux romans ou au théâtre, peut-être à la poésie, mais peut-être pas aux essais ou « lectures plus sérieuses » (sans histoire). Il faut donc déjà commencer par définir plus clairement ce qu’on entend par lecture, ce que cela recouvre comme ouvrages, genres littéraires etc. sans cela on ne peut pas aborder la question complètement. Il n’y a pas non plus de réponse toute faite, absolue, cela dépend aussi en partie de la façon dont vous entendez traiter le sujet. Classiquement, il faut essayer de ne pas exclure de champs, quitte à simplement le mentionner et dire pourquoi il ne sera pas au centre de la discussion. Ici, comme on parle d’évasion par la lecture, c’est vrai qu’on va plus penser roman, théâtre ou poésie, mais il faut quand même évoquer le reste, quitte encore une fois à dire on parle moins. « S’évader » ensuite : s’évader de quoi ? du quotidien et ses problèmes, de son époque, de son entourage, des idées communément admises qu’on ne partage pas forcément ? Sûrement un peu de tout cela. Là encore, pas de vérité absolue et de frontière nette, scientifique, mais il faut s’interroger sur ce que recouvre cette attitude « d’évasion » et ce que l’on entend par là. Enfin, n’oublions pas le lien entre lecture et évasion, ici le verbe « permettre ». Là aussi, il a tout sens : cela veut dire que c’est possible de s’évader par là, mais pas systématique ou obligatoire : il y a d’autres moyens de s’évader, parfois cela ne permet pas de s’évader. La démarche du sujet de dissertation consiste donc toujours à définir précisément les mots de la phrase de départ ou la citation, sans occulter les liens logiques. Au final, cela permet de préciser la question. Ici : la lecture est-elle oui ou non un moyen de s’évader ? sachant qu’il faut alors garder en tête tout ce que l’on met dans la lecture et ce que l’on appelle s’évader. C’est en raisonnant ainsi que vous allez pouvoir préciser les limites du sujet (et donc éviter oublis et hors-sujet) et finir par traiter une question précise – ce qui différencie la dissertation de la question de cours.

Ensuite, il faut rattacher cette analyse du problème à la question posée. On pourrait vous demander simplement si vous êtes d’accord ou pas. Ici, on vous aiguille un peu plus vers l’idée à développer pour le côté pas d’accord : le livre remplit alors d’autres fonctions. Il faut donc à un moment donné apporter une réponse plus précise en étant centré sur ce point.

Concernant le plan, la question ici posée est fermée : réponse attendue « oui/non ». Vous ne devez par contre surtout pas vous contenter de répondre oui ou non et de n’argumenter que de ce seul côté. Pour défendre votre position et amener une réponse construite, vous devez impérativement étudier les deux possibilités envisagées. C’est ce que l’on appelle un plan dialectique : thèse / antithèse / synthèse ou plus imagé oui / non / peut-être. On étudie en premier une réponse possible (le oui par exemple, souvent la position que l’on défend), puis on examine dans une deuxième partie la position opposée, et enfin dans un troisième on fait la synthèse, c’est-à-dire que l’on apporte une réponse précise, mais un peu plus nuancée, en revenant sur sa thèse, mais en tenant compte des objections de l’antithèse, de certains défauts ou certaines insuffisances. C’est un plan peut-être scolaire au premier abord, mais très classique, et en même temps très efficace pour ce type de devoir, tant en français qu’en philosophie d’ailleurs. Au-delà de vous obliger à construire votre réflexion, défendre une position tout en montrant les insuffisances de la position adverse, cela vous amène souvent à être complet, et évoquer tout le spectre du sujet. Pour autant bien sûr, il faut rester attentif au danger du hors sujet ! Ici, vous pouvez donc très bien commencer par une partie sur « oui, cela permet de s’évader », en divisant la partie en trois sous-parties avec trois arguments progressifs qui vont dans ce sens. N’oubliez pas d’illustrer à chaque fois ; mieux un exemple bien précis, détaillé et analysé avec votre argument, qu’un catalogue de dix livres rapidement cités, pour lesquels on ne voit pas le lien entre l’œuvre et ce que vous dites. Une deuxième partie traite de l’antithèse : non cela ne permet pas l’évasion, ou plus précisément ici vu votre sujet, quelles autres fonctions (éventuellement contradictoires) cela peut permettre. La synthèse vous amènera alors sûrement vers une réponse du type « cela permet l’évasion, mais pas seulement » ou « un certain type d’évasion » par exemple. Voilà pour le plan à grosses mailles que vous pouvez assez classiquement tirer de ce sujet. Pour les sous-parties après, il vous faut trouver un argument illustré par sous-parties, le tout traitant progressivement de la position défendue, avec des liens logiques entre eux. N’oubliez pas les transitions entre parties : c’est l’occasion d’en rapide bilan, pour dire où en est, pourquoi on va vers telle direction etc.

Pour l’introduction, là aussi il faut suivre en dissertation un plan assez typé :
- amener le sujet général (par exemple, ici, partir du fait que la lecture est un passe-temps pour beaucoup, mais cela va-t-il plus loin et permet-il une véritable évasion de l’esprit, du temps etc ?) ;
- définir précisément les mots du sujet (cf. ci-dessus) pour bien retraduire précisément le sujet, définir ses limites ;
- poser la problématique (ici, elle est déjà assez claire, reste à la formuler sous forme de questions) ;
- annoncer le plan.

Pour la conclusion, il faut faire le bilan de la réflexion pour amener une véritable réponse à la problématique initiale, et éventuellement proposer rapidement une ouverture sur un sujet proche.

Vos idées sinon sont intéressantes, continuez de creuser dans cette direction et surtout ensuite de les organiser, les hiérarchiser. Pour les aspects négatifs de la lecture, là aussi vous pouvez repartir d’idées communes à creuser : on vit dans un monde parallèle, irréel. C’est par exemple l’histoire de Mme Bovary, qui a appris l’amour dans les livres ; c’est aussi un thème des romans de chevalerie, dans les épisodes amoureux (c’est un peu aussi les jeunes japonais avec leurs jeux vidéos). Partez de cette idée de base que justement l’évasion éloigne de la réalité avec risque de ne plus pouvoir y revenir et tout ce que cela implique. Par ailleurs, il y a aussi l’idée dans ce sujet que la lecture ne permet pas de s’évader, sans que cela soit un danger. Cela pourrait par exemple simplement dû au fait que le seul pouvoir des mots et de l’imagination ne permettent pas une véritable évasion (l’argument peut par contre être retourné dans l’autre sens aussi, notamment pour la poésie avec le pouvoir des mots, des rimes et des rythmes).

Voilà donc pour quelques points sur ce sujet. Encore une fois, notre but n’est pas de vous donner des choses prêtes à l’emploi, mais de vous aider dans votre réflexion et votre méthodologie, car une fois les méthodes maitrisées, vous pouvez les appliquer à tout devoir, et c’est alors que vous progressez vraiment sur le long terme. Par ailleurs, vous voyez également que le plan est certes important, mais même en devoir en temps limité, il est illusoire de chercher un plan avant d’avoir bien défini et analysé le sujet. Sur une dissertation de 4 heures, il faut normalement environ 1h d’analyse et réflexion avant de se mettre vraiment à réfléchir au plan suivi. De toute façon, tout ce temps n’est pas perdu ; le risque sinon est le hors sujet, le plan bateau, l’absence de plan véritable même. Avec de la méthode, le plan vient alors naturellement, et c’est en général un plan plus construit, de meilleure qualité. Et vous voyez que pour le plan dialectique par exemple, la trame est assez convenue, et que vous devez ensuite aller plus dans le détail, mais vous avez déjà cette sécurité au niveau des grandes parties, à affiner toutefois bien sûr en fonction du sujet.

En espérant vous avoir aidé à décortiquer ce sujet, je vous souhaite bon courage pour ce devoir, et n’oubliez pas que l’important est avant tout la méthode.
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