en une : Cours philo : Dieu

Platon, gorgias 491e-492b

Philosophie > sujets expliqués - 06/11/2007 - correction
                
La thèse de ce texte, qui est non le propos de Platon mais le propos d'une position inverse, celle de Calliclès, est d'affirmer que le droit et la justice doivent se fonder sur le pouvoir du plus fort. En ce sens, ce qu'il s'agit d'affirmer est la réfutation d'une position socratique selon laquelle la justice serait une modération des instincts animaux présents en l'homme, c'est-à-dire de ses passions les plus intimes, de ses passions vitales qui l'animent avant que n'intervienne le travail de la raison et la discipline morale de soi. Pour Calliclès, il s'agit de montrer que discipliner l'homme moralement le rend étranger à lui-même, et réduit sa puissance naturelle, qui est pourtant la seule chose sur laquelle il peut compter pour s'affirmer et se faire valoir. Cette position est ambigüe dans la mesure où elle a pour elle de montrer que l'inégalité naturelle des hommes peut être source de justice, le plus faible devant se soumettre au plus fort, mais pouvant également bénéficier de sa protection et de son soutien. À l'inverse, la position peut apparaître comme dangereux, puisqu'elle libère les passions les plus sauvages, et risque d'induire une rivalité entre les hommes et favoriser le conflit constant. Tout l'enjeu est ici pour Platon, à travers Socrate, de montrer qu'il faut chercher un fondement rationnel et raisonnable à la justice des hommes, qui ne peut en ce sens se fonder sur la nature et la force.
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