en une : Le raisonnement par récurrence

Commentaire compos?

Francais (college, lycee) > sujets expliqués - 26/03/2008 - correction
                
Bonsoir,

Pour l’axe que vous évoquez sur la vision de la mort de l’auteur, c’est en fait tout le texte qui est sur ce thème. Certes, cela transparaît plus précisément et clairement à la fin car la démonstration aboutit mais c’est davantage le message global du texte et il va falloir découper en parties justement pour montrer comment on en arrive là dans le discours. Commençons par revenir sur le texte. Dans le premier paragraphe, il nous explique sa contamination par cette maladie qu’est la peste. Dans le second, il revient beaucoup plus sur les conditions de cette maladie par rapport à ses proches, la société, bref les autres personnes (il évoque notamment la quarantaine et la mise à l’écart). Le troisième paragraphe est alors l’occasion d’une analyse de ses sentiments sur cet état de fait : comment il l’a ressenti (mal globalement, aussi car ses proches le vivaient mal). Enfin, la peste débouchant souvent sur la mort, il analyse dans la dernière et plus longue partie la façon dont on peut la ressentir. Il s’appuie sur des exemples de diverses civilisations, pour aller au-delà des sentiments individuels face à la mort et avoir une analyse plus globale et presque plus sociologique de cette notion. Voilà donc pour un résumé général ; vous voyez que l’idée que vous soulevez en premier (mais c’est bien, cela montre que vous avez compris le message) est en fait l’aboutissement de tout ce passage. Il est vrai que le fait que l’on vous ait donné le texte en ancien français non remis à jour ne vous facilite pas la tâche ! J’espère néanmoins que vous percevez mieux la démarche de l’auteur à présent : il part d’un cas personnel, presque fait divers,

Quant à votre plan, il doit être progressif, c’est-à-dire aller du plus simple au plus complexe toujours, allier le fond et la forme, toujours également (même si le côté plus ancien de la langue ne favorise pas forcément l’étude des figures de style par exemple ou la justification de l’emploi de tel ou tel mot), enfin couvrir l’ensemble du texte, sans en laisser de pans de côté.

Un premier point, assez général et global, pourrait donc concerner l’organisation bien spécifique de la démonstration de Montaigne. Cela reprend en partie ce que nous avons vu ci-dessus, avec le mouvement du fait particulier au fait général, le passage des échelles personnelles à collectives par exemple, selon un mouvement bien spécifique également. La présence ou l’absence de liaisons fortes ou explicites entre les paragraphes, la présence de pensées en latin, au-delà des habituelles traditions de l’époque, etc. sont aussi à étudier ici en détail.

Dans un second temps, il peut être intéressant de revenir plus précisément sur l’effet produit par ces changements d’échelle et la façon dont Montaigne oppose et/ou associe selon les cas l’échelle de la personne (lui), des autres personnes (ses proches puis la société en général) pour en arriver à des considérations très sociétales et sociologiques. Vous pouvez étudier en détail les différents niveaux auxquels l’auteur se place et se qu’il attribue sur ces problématiques de mort et de maladie à chaque type d’individus ou de groupes.

Enfin, une troisième partie peut tout à fait être consacrée à l’analyse du phénomène de la mort comme la présente Montaigne, mais cela va bien au-delà de ses propres sentiments, c’est une analyse psychologique et sociétale qu’il nous propose ici, une vrai réflexion philosophique, bien de l’ordre de la pensée comme l’annonce le titre de son œuvre.

Ce ne sont bien sûr là que des propositions à reprendre à partir de votre compréhension du texte, mais il me semble que trois points importants doivent ressortir à un moment ou un autre : le mouvement, la construction du texte ; les différents niveaux d’échelle d’analyse (de lui au monde entier) ; sa vision et son analyse d’une question aussi complexe et angoissante que la mort. A vous de voir ensuite comment vous préférez les organiser et les hiérarchiser, mais si vous faites ressortir clairement cela avec les analyses de style correspondantes (articles et pronoms, champs lexicaux, temps verbaux, figures de style etc.), vous aurez déjà largement de quoi montrer que vous maîtrisez le texte et la méthode.

L’avantage il me semble de ce plan est qu’il est progressif du point de vue logique et pas trop complexe pour trier les informations pertinentes que vous voulez citer dans le commentaire. N’oubliez pas non plus de soigner l’introduction, en remettant brièvement le texte dans le contexte de l’œuvre, l’auteur et son époque notamment. N’oubliez pas non plus de bien citer le texte entre guillemets par petites touches, en commentant bien à mesure que vous citez, pour montrer que vous vous appuyez bien sur le texte. Une fois le texte compris et le plan à peu près dessiné, il ne vous reste qu’à appliquer le reste de la méthode et les habituelles consignes de forme.

En espérant que ces quelques points vous aient éclairé sur un texte difficile d’abord par la langue et la calligraphie, mais assez classique sur les idées de fond, je vous souhaite bon courage dans la suite de votre réflexion.
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