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Dissertation sur la poésie

Francais (college, lycee) > sujets expliqués - 12/01/2008 - correction
                
Bonjour,

Face à un sujet, la recherche du plan n’est pas la première chose à faire ; il est vrai que c’est le plus stressant, car on se dit qu’une fois le plan trouvé, tout est fait. Mais ce qui est jugé avant tout c’est votre compréhension du sujet, votre capacité à organiser des idées pour répondre précisément au sujet posé, rien qu’à lui. La première étape est donc une étude du sujet : définition des mots clefs, structure de la question, contexte etc. C’est d’ailleurs ce qui constituera le premier point de votre introduction, point essentiel puisqu’il donne la première impression à votre correcteur. Ici, il faut commencer par s’entendre sur le terme « poésie » : on a en effet la définition classique de la poésie, en vers avec rimes et strophes selon un agencement bien particulier. Mais le genre littéraire a évolué et d’autres formes de poésie sont apparues, comme les vers libres, l’absence de rythme comme les alexandrins, les rimes plus souples etc. On vous demande dans ce sujet de parler de fonctions de la poésie, il faut donc commencer par dire très précisément ce que va recouvrir dans votre réflexion le domaine de la poésie. Vous voyez au passage que cela vous donne des pistes, des idées pour le développement, car si la poésie a évolué par exemple, si les règles se sont assouplies, ce n’est pas par pure fainéantise des écrivains, mais pour poursuivre certains buts, comme la rendre plus accessible à tous ; mais pourquoi cette accessibilité ? pour faire passer quel message ? Il faut regarder du côté des œuvres des premiers poètes à s’être lancés dans cette poésie, et déjà vous avez de nouvelles pistes de réflexion. Ensuite, il faut s’entendre sur « épanchement affectif » : on traite souvent le thème de l’amour, des sentiments, ce fut l’un des premiers thèmes de la poésie. La style est souvent précieux, sentimental ; l’affectif englobe aussi bien l’amour que l’amitié d’ailleurs, ou d’autres sentiments, comme par exemple la plainte d’une autre personne ; là encore, il faut définir plus précisément cette notion plus complexe qu’il n’y paraît. Sans compter que le terme « épanchement » a un côté parfois négatif : on va donc se demander si la poésie sert à parler des sentiments, mais dans un sens un peu précieux et parfois trop sentimental, trop irréel et réservé à des élucubrations de poètes justement. Il faut donc là encore bien définir cette notion pour savoir si cette fonction est remplie ou pas par la poésie. Enfin, on parle de travail sur le langage : est-ce uniquement le choix des mots et des constructions grammaticales, ou n’y a-t-il pas aussi un aspect rime, versification ? Il n’y a pas de réponse unique à ces questions, il s’agit avant d’être cohérent et de balayer toutes les possibilités pour traiter tout le sujet et rien que lui. Tout doit être défini, toutes les pistes amorcées pour trouver les limites du hors-sujet et avoir des idées plus précises de ce dont on va parler ensuite. Tout ceci nous permet alors de trouver la problématique, second point de l’introduction, même si ici la question de la problématique vous est donnée directement dans le sujet. Ce n’est qu’alors qu’on commence à réfléchir au plan, qui n’est qu’une organisation structurée des arguments que l’on avoir trouvé auparavant (avec exemples), dont le seul but est de répondre à la problématique identifiée.

Il n’y a donc pas de raisons que vous soyez plus « nulle » qu’un autre en dissertation, simplement vous semblez vous focaliser un peu trop vite sur le plan. Ce n’est parce que vous ne trouvez pas de plan de prime abord que vous êtes nulle, au contraire ! Le plan est plutôt la dernière étape de la réflexion, et ce n’est qu’en prenant le temps de faire le travail de définition présenté ci-dessus que vous allez commencer à avoir des idées, des exemples et construire ensuite un plan. Cette phase est un peu angoissante car on a l’impression de ne pas être productif pendant ce temps, le plan n’étant toujours pas là, mais croyez-moi c’est au contraire du temps de gagné pour la suite. Prenez donc le temps de poser tous les éléments, de les classer, les discuter, de réfléchir au sujet et le plan viendra ensuite. La méthode est essentielle, surtout à quelques mois de l’examen.

Pour ce qui est du plan à présent, vous avez effectivement à faire avec une question à une alternative ; le plan dialectique que vous indiquez (thèse-antithèse-synthèse) est donc bien adapté, efficace et sûr ; pas de problème de ce côté-là.

Première partie : l’épanchement affectif :
1) une tradition historique : le thème de l’affectif et des sentiments dans la poésie plus que partout ailleurs (beaucoup de femmes comme Louise Labbé ou Marguerite de Valois furent de grandes poétesses racontant leurs amours) : la poésie est le lieu où se traduisent les amours, les plus heureux comme les plus malheureux, pour faire partager des bonheurs comme témoigner de ses malheurs ;
2) la poésie est aussi le lieu où l’on conte ses états d’âme (Baudelaire) : cela est facilité et amplifié par l’utilisation des vers, des rimes, des phases d’écrire spécifiques à la poésie ; la versification comme les vers libres, chantants, mélodieux, permettent avant tout de parler de tels sujets, qui touchent l’âme, les sentiments ;
3) et cet épanchement affectif peut aller jusqu’à concerner notre vie quotidienne, des choses moins pures et idéales que le grand amour, plus quotidiennes, mais raconter nos problèmes, nos doutes, nos envies. La forme souvent courte des poèmes, la façon de dire les choses de façon percutante, sans utiliser des pages et des pages rend cela possible. En fait, la poésie est avant tout le lieu de l’épanchement affectif car sa forme et son écriture permettent avant tout de parler de sentiments, de faits certes, mais toujours avec du sentiment derrière, de choses sentimentales.

Transition : si c’est la forme qui permet cela, c’est aussi qu’un travail sur le langage est très certainement réalisé :
1) travail sur le langage imposé par l’utilisation des rimes et des vers (versification) : il faut trouver des synonymes, des champs lexicaux, pour développer les univers, les métaphores etc. ;
2) la poésie permet aussi de construire des univers fictifs faciles d’abord pour tous et par exemple de faire parler les animaux (La Fontaine) : on a donc un travail sur la langage utilisé mais aussi sur les fonctions du langage, ses spécificités, ce qu’il renvoie etc. ;
3) parfois aussi car considéré comme un art difficile, élitiste et réservé à ceux qui maîtrisent très bien la langue, c’est comme un jeu, un défi pour eux (on peut mettre ce point plus évident et terre à terre en 1, puis enchaîner 1 et 2 ensuite ; à vous de voir comment organiser cela au mieux en fonction aussi de vos propres lectures pour affiner ces parties).

Transition vers une synthèse

Synthèse : le but est effectivement d’avoir une position plus nuancée, à mi-chemin pour ainsi dire, qui va tourner autour de la forme de la poésie et des fonctions qu’elle veut remplir. Ce peut être les deux car finalement l’un sert l’autre : le travail sur le langage permet de mieux faire passer des sentiments. Donc si l’épanchement affectif est plutôt un but, le travail sur le langage peut être davantage vu comme un moyen, ou un but intermédiaire. A vous de compléter et nuancer en fonction de vos propres idées. Pour toutes les parties, ce ne sont de toute façon que des suggestions.

Reprenez le travail d’analyse préliminaire calmement, lister les arguments, les idées à partir de vos cours, de vos lectures, organisez le tout en vous appuyant sur les pistes ci-dessus, et il n’y a pas de raison que vous n’arriviez pas à construire une bonne dissertation. Il faut simplement que vous acceptiez de passer du temps sur les premières étapes avant le plan, sans penser que vous êtes « nulle » parce que ce dernier ne vient pas tout de suite, c’est normal. Vous avez les éléments pour bien faire ce devoir, surtout que vous semblez bien maîtriser le commentaire et que les qualités de rédaction, rigueur, argumentation sont malgré tout très semblables.

Bon courage et bon travail.
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