en une : Le raisonnement par récurrence

Théâtre et représentation

Francais (college, lycee) > sujets expliqués - correction
                
Votre travail a de nombreuses qualités (d'analyse, de réflexion...), mais aussi quelques défauts majeurs qui malheureusement cachent ces qualités.
Vous ne définissez pas une problématique assez claire et définitive en introduction. Ainsi je ne comprends pas bien votre première partie qui me semble légèrement à côté du sujet. Quelle réflexion propose ce sujet? On vous propose en fait de vous interroger sur la nature singulière de la lecture d'un texte de théâtre. Vous mettez trop en avant l'identité de cette lecture avec la lecture d'autres oeuvres littéraires d'une autre genre. Vous parlez à un moment de 'mise en scène imaginaire' : le terme est assez juste, il faudrait le développer . Pourquoi le texte de théâtre nécessite-t-il presque toujours une lecture qui conduite à une mise en scène imaginaire?
Le texte dramatique a pour finalité la représentation. Voilà qui le détermine beaucoup et dans son écriture et dans son mode de lecture.
Il faudrait voir de quelle façon la lecture peut suffire à la compréhension de l'oeuvre, mais en déterminant la singularité de cette lecture et en montrant quels éléments le texte fournit pour construire cette lecture d'un autre genre : dans les didascalies bien-sûr, mais aussi dans le texte même (dans la scène de Beaumarchais, importance de l'espace, du mouvement....) On pourrait parler de l'horizon de la représentation, pour définir la nature de cette lecture.
Je vous propose une citation de Jean-Pierre Ryngaert (dans "Introduction à l'analyse du théâtre":
"Lire le texte de théâtre est une opération qui se suffit à elle-même, hors de toute représentation effective, étant entendu qu'elle ne s'accomplit pas indépendamment de la construction d'une scène imaginaire et de l'activation de processus mentaux comme dans n'importe quelle pratique de lecture, mais ordonnés ici dans un mouvement qui saisit le texte "en route" vers la scène"
Voilà de quoi nourrir, je pense, votre réflexion pour mieux définir votre problématique et réorienter votre première partie (ce qui influera immanquablement sur la deuxième). Votre dernière partie est très intéressante et bien argumentée : les signes propres de la représentation, de la mise en scène qui réactivent le sens...Pourquoi ne pas en parler en deuxième partie si vous suivez par exemple le plan suivant :
1 - la lecture peut suffire mais une lecture d'un type particulier
2 - la représentation, inscrite dans le texte, actualise le sens (avec des outils qui lui appartiennent en propre : la lumière, l'incarnation par les comédiens, la scénographie) : elle ouvre les sens en même temps qu'elle en clôt certains (il y a nécessairement choix) mais rend au théâtre son essence en quelque sorte
3 - quelle place dès lors pour la lecture? Liberté du lecteur (par rapport au spectateur), intéressante confrontation de l'expérience de lecteur à celle de spectateur (comment elles se nourrissent l'une l'autre) Revenir sur cettte singularité absolue de la lecture du texte de théâtre.

Bon travail.
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