en une : Le lexique de français

Demande d'aide pour dissertation (hypokhâgne)

Francais (college, lycee) > sujets expliqués - 26/09/2009 - correction
                
Bonjour, voici quelques pistes et conseils qui j’espère pourront vous aide pour votre dissertation.
Je vous rappelle tout d’abord que dans une dissertation classique, on attend à ce que l’élève aille, vulgairement parlant, du plus « simple » au plus « compliqué » : votre plan, à cet égard, me semble correct : vous commencez par ce qui, à la lecture du sujet, semble le plus évident (le jugement assez paradoxal sur Rabelais et Mallarmé) pour finir sur une notion qui semblait seulement apparaître de façon implicite dans le sujet. Je vous propose de modifier très légèrement votre plan comme suit :
* Première partie : il faut donc tout simplement partir de l’explication de l’énoncé. On peut commencer par relever le paradoxe qu’il comporte : on juge en général Rabelais plus facile d’accès que Mallarmé. Vous pouvez donc rappeler les différents lieux communs qui ont fait la réputation de ces deux auteurs :
- « facilité » de Rabelais : le genre romanesque (en général plus facile d’accès que la poésie ?), l’aspect satirique, le caractère pittoresque des aventures, l’humour et le ton léger en apparence etc etc
- « difficulté » de Mallarmé : le gente poétique, les néologismes, son « hermétisme » etc.
L’énoncé va donc à contre-courant de ce lieu commun. On peut souligner alors les « difficultés » de Rabelais (ancien français, époque révolue etc) et les « facilités » de Mallarmé (interprétation libre et subjective de la poésie…) qui donnent raison au parti pris dans l’énoncé.
* Deuxième partie : on vient alors à l’argument force de l’énoncé, c’est-à-dire l’épaisseur du langage. Pour appuyer le jugement de l’énoncé, on peut par exemple s’appuyer sur l’étude de Bakhtine : celui défend que le roman est « polyphonique » tandis que la poésie serait « monophonique » (voir Esthétique et théorie du roman). Il est toujours très difficile de savoir ce que pense l’auteur du roman car celui-ci ne partage pas forcément le point de vue de ses personnages etc, à fortiori lorsque le roman présente un aspect ironique et satirique (ce qui est le cas de Rabelais) ; la poésie, à l’inverse, serait plus simple à interpréter dans le sens où ce qui est dit est le fait de l’auteur, le poète parlant toujours en son propre nom selon Bakhtine.
* En troisième partie, vous pouvez porter un jugement « personnel » sur la question, c'est-à-dire prendre définitivement parti ou non pour le jugement énoncé, en invoquant des arguments différents que ceux mentionnés dans l’énoncé lui-même. Pour défendre le parti pris de l’énoncé, on pourrait par exemple développer un peu le système de la poésie mallarméenne (si vous avez des affinités avec le poète…), qui joue en fait sur ce que Mallarmé appelle lui-même « le dévoilement progressif du sujet poétique » : ce système permet d’expliquer l’apparente difficulté de cette poésie « hermétique » mais, pour le lecteur armé de théorie, permet de percer la profondeur de la poésie mallarméenne. Ainsi apprend-t-on à connaître le poète via ses œuvres (des mots et des thèmes sont récurrents et permettent une familiarisation de l’œuvre, par exemple) tandis que le romancier ne se laissera jamais dévoiler dans ses écrits (on sait par exemple que Rabelais était un personnage religieux assez austère, ce que ne laissent guère présager ses romans !).
J’espère que ces quelques remarques vous seront utiles. Bon courage pour la rédaction.
Cordialement,
Le professeur Eteech.
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