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Sujet de français - dissertation niveau 2de

Francais (college, lycee) > sujets expliqués - 15/04/2009 - correction
                
Bonjour,
Voici un beau sujet (mais pas facile !) pour une première dissertation. Comme votre professeur attend de vous un devoir dialectique, je peux vous proposer un plan en deux parties, dégageant ainsi les enjeux du sujet. J’espère que vous trouverez ainsi l’impulsion pour la rédaction : bon courage à vous et bonne continuation dans vos études littéraires.
Nb : concernant votre question ( ?), j’y réponds dans la dernière sous-partie de mon plan.

Problématique : le sujet pose la question de la nature de la « vérité » en art. On pourrait reformuler la question ainsi : « en art, la vérité se définie-t-elle par l’imitation fidèle de la nature ou par la représentation d’une impression ? »
Enjeu du sujet : cette problématique renvoie à un concept très précis, celui de « mimèsis » (terme grec d’Aristote). Durant de nombreux siècles, l’enjeu a été de savoir si ce terme signifiait « imitation » ou « représentation » (ce qui est très différent)

Plan dialectique :

Thèse : la vérité artisttique est atteinte quand l’œuvre imite parfaitement l’objet représenté
1) Le premier critère d’une œuvre d’art réussie, c’est en effet la « justesse » de sa représentation, autrement dit l’imitation : on juge (pour un tableau par exemple), si les proportions naturelles sont bien respectées etc etc. Il y a en effet une « technique » artistique qui tient à l’imitation. Exemple : un dialogue (dans le cadre du roman) a pour but d’imiter une conversation réelle, de rendre « vivant » le passage. Dans l’antiquité, on faisait de concours d’imitation. Ex : le célèbre peint Zeuxis avait si bien imiter une grappe de raison, que les oiseaux s’étaient approchés de la toile dans l’espoir d’y goûter.
2) Le projet du réalisme (Balzac, Zola) consiste bel et bien à « reproduire » la réalité en littérature. Dans son projet de la comédie humaine, Balzac cherche à reproduire la société. On chercher à retranscrire la réalité telle qu’elle est (même dans sa misère la plus totale) : tout idéalisme artistique est proscrit
3) Problème : on ne peux jamais complètement imiter la nature, pour la simple raison qu’une œuvre d’art (tableau, roman etc) comporte une part d’artificialité irréductible : quand on referme le roman, la vie reprend, quand les oiseaux se sont aperçu que les raisins de Zeuxis étaient des faux, ils se sont éloignés du tableau…

Antithèse : la vérité artistique surpasse donc l’imitation, elle se définit comme la représentation d’une impression
1) L’art a une vocation plus grande que l’imitation : elle montre une vérité invisible dans la nature (Marceau parle de « magie du tableau »). Flaubert, par exemple, a dit avoir voulu montrer « un certain ton de gris » en écrivant Madame Bovary et un « certain ton de jaune » en écrivant l’Education Sentimentale. On voit dès lors que ce qui importe dans l’œuvre, c’est le sentiment et l’impression qu’elle provoque, non la justesse de la représentation. La beauté ne se limite dans pas à la technique, l’art, en ce sens n’est pas « une recette » (c’est pourquoi Marceau parle de magie)
2) On peut donc dire que, en art, ce n’est pas la « vérité » qui compte mais « l’expression de la vérité ». Or on peut dire que la vérité est bien « exprimée » lorsqu’elle atteint l’universel. Si la Joconde est si célèbre, ce n’est pas parce qu’elle ressemble à Mona Lisa (si tel était le critère de la beauté artistique, alors plus personne ne pourrait juger de cette œuvre, les rares personnes ayant connu cette femme étant désormais disparus), mais c’est parce que chacun de nous ressent devant le tableau quelque chose à la fois d’inexprimable mais d’universel.
3) L’art se caractérise alors par sa gratuité (Marceau parle de « vérité qui nous apporte rien ») : en effet, l’art a été défini (par Kant notamment) comme un plaisir désintéressé. Dans certains cas, la vérité nous « apporte » quelque chose (dans un procès…). On peut donc dire que la vérité artistique est une vérité d’ordre supérieur car elle transcende tous les intérêts privés et permet à chacun de se retrouver personnellement dans une œuvre. On peut donc parler de « puissance d’universel » de l’art : il touche chacun.
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