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Réussir le commentaire composé

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PRÉAMBULE

Par Eloïse LIEVRE, agrégée de lettres modernes

Cette épreuve du baccalauréat comprend deux parties. La première est constituée de deux ou trois questions portant sur les procédés proprement littéraires et stylistiques mis en oeuvre par l'écrivain dans son texte. La seconde consiste en la rédaction d'un commentaire composé de ce même texte.

Attention ! le barème des deux parties n'est pas du tout le même que pour l'étude de texte argumentatif. Ici, les questions ne comptent que pour 4 points sur 20, c'est-à-dire seulement un cinquième de la note. Il faut donc les traiter très rapidement, bien que correctement et complètement, afin de consacrer le maximum de temps et d'attention au commentaire

I. Les questions
II.Le commentaire proprement dit
Corrigés de commentaires

I. LES QUESTIONS

Celles-ci permettent d'interroger les connaissances littéraires du candidat plus que sa sensibilité. Elles portent en effet sur des points très précis du texte, tenant ou non à sa spécificité générique, mais revêtant en tout cas une dimension technique. Voici quelques exemples pour fixer les idées :

Questions liées au genre du texte :

- commenter la versification, le travail des rythmes et des sonorités, les rimes d'un poème.
- étudier les points de vue (ou focalisation), la façon dont sont rapportées les paroles des personnages (style direct, indirect, indirect libre, discours narrativisé) dans un texte narratif.
- étudier l'enchaînement des répliques et les didascalies dans un texte de théâtre.

Questions pouvant se prêter à tous les genres littéraires :

- étudier l'utilisation des pronoms personnels (ex : commenter la valeur de l'indéfini " on ").
- étudier les temps et les modes verbaux présents dans les texte (ex : commenter le présent de vérité générale, le présent de narration ; étudier la valeur de l'imparfait, etc.).
- étudier la syntaxe de certaines phrases (ex : identifier une phrase nominale et commenter son effet).
- relever et étudier les champs lexicaux présents dans le texte.
- repérer et commenter les images du texte (ex : quelle image est-elle utilisée pour décrire tel personnage ?).
- relever et commenter certaines figures de rhétoriques (ex : commenter une métaphore, une antithèse ; repérer un oxymore, etc.).
- expliquer un terme ou une expression particulière.

Les réponses doivent être précises et brèves. Très souvent, ces questions ont pour but de mettre le candidat sur la voie d'un des axes de lecture qui vont lui permettre d'organiser son commentaire. Mais elles sont insuffisantes. Pour les compléter il faut revenir au texte et l'aborder de manière méthodique.

II- LE COMMENTAIRE COMPOSÉ

Un texte est un tissu d'informations, ou encore, pour user d'une autre métaphore, une forêt très dense. La lecture méthodique consiste à découvrir les chemins permettant d'accéder au plus profond de cette " forêt ", ou encore à trouver les fils qui en tissent le sens. Ce sont ces " pistes " ou " axes " de lecture, ou encore ces " fils directeurs " qui permettent d'organiser l'explication. Mais quels sont-ils concrètement et comment savoir si l'on a choisi les bons ? Les axes de lecture, entre deux et quatre, sont en fait les grands centres d'intérêt du texte que l'on a à expliquer, ce qui fait sa spécificité, ce pourquoi il a été écrit. Ils peuvent donc nous apparaître assez clairement après une première observation du texte, un " défrichage " en trois étapes :

  1. La situation du texte
  2. La caractérisation du texte
  3. L'organisation du texte

1. La situation du texte

Il s'agit d'abord de savoir où le passage que l'on doit expliquer se situe dans l'ensemble de l'oeuvre dont il est extrait, quel est son contexte. Cette situation doit être d'abord concrète : il s'agit tout simplement de savoir à quelle partie, quel chapitre, quelle scène de quel acte, appartient le texte. Cela permet de déterminer si l'on a affaire à un début de roman, à une scène d'exposition, au premier poème d'un recueil (ou poème liminaire), etc. Cette information peut constituer à elle seule un axe de lecture (par exemple : " nous verrons comment cette première scène remplit entièrement la fonction d'exposition puisqu'elle donne au lecteur tous les éléments dont il a besoin pour comprendre l'intrigue. "). La situation doit être ensuite narrative : il s'agit de savoir à quel moment de la narration, de l'histoire racontée intervient notre passage (par exemple : " notre scène constitue la catastrophe (dernière péripétie entraînant le dénouement) de la tragédie ", ou " dans le chapitre précédent, le personnage Untel vient de mourir, ce qui explique l'attitude de désespoir du personnage principal dans notre passage. " etc.). Elle doit être enfin structurelle, c'est-à-dire repérer les phénomènes d'écho, de symétrie, d'opposition qui lient le texte à d'autres passages de l'oeuvre (par exemple : pour expliquer le premier " Spleen " de Baudelaire dans Les Fleurs du mal, il est bon de savoir qu'il y a un autre poème portant le même titre dans le recueil.)

2. La caractérisation du texte

Caractériser le texte revient à en saisir l'unité par une description générale qui peut relever de différents aspects du texte qui bien souvent coexistent et se combinent. Ces aspects sont :

- Le thème : de quoi parle le texte ?
- Les genres littéraires : a-t-on un texte romanesque, dramatique ? Un poème ? Un essai ? Ce poème est-il un sonnet, une élégie, une fable ? Cette pièce de théâtre est-elle en vers ou en prose ? Mais encore, une lettre, un article de dictionnaire ? etc.
- Les types de textes : notre texte est-il un dialogue, une description, un portrait, une réflexion, un récit ? Est-il composé de plusieurs de ces types de textes ? Et si oui, comment s'organisent-ils ?
- Le registre et la tonalité du texte : le ton du texte est souvent la manifestation du but de l'auteur. On peut se demander si dans le texte à expliquer l'auteur a voulu faire rire (comique), émouvoir (pathétique), s'épancher (lyrique), expliquer (didactique), s'opposer (polémique), créer un monde imaginaire (fantastique), etc. Il ne faut pas hésiter à se laisser guider par sa première impression de lecture, elle est souvent juste et permet de trouver une des entrées du texte.

3. L'organisation du texte

Il s'agit là du travail bien connu de " découpage " du texte. Attention ! Il n'est pas question de saucissonner les textes littéraires ! Il faut saisir le plan du texte, déterminer sa structure et sa progression, comprendre comment ses différentes parties s'enchaînent et fonctionnent entre elles. On peut pour cela s'appuyer sur les observations précédentes : voir quand le texte change de thème, quand on passe du récit au dialogue ; faire attention à l'évolution de l'énonciation (qui se charge de la narration ?), du point de vue (par le regard de qui est vue l'action narrée ?), des temps verbaux ; sentir l'évolution des répliques de théâtre et voir à quel moment on passe d'un échange rapide à de plus longues tirades, etc. Généralement la structure d'un texte se manifeste dans les changements et les différences qu'il présente : ce sont eux qu'ils faut repérer.

Ces trois premières étapes d'approche du texte littéraire permettent d'orienter notre lecture et de trouver quels sont les meilleurs axes pour en rendre compte. Une fois qu'on les a déterminés, il s'agit de travailler sur les détails du texte, de se livrer à une description précise des éléments qui vont dans le sens des pistes de lecture proposées et qui sont quelque sorte les preuves de l'interprétation du texte