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Le mot Philosophie, pris dans son sens le plus vulgaire, enferme l'essentiel de la notion. C'est, aux yeux de chacun, une évaluation exacte des biens et des maux ayant pour effet de régler les désirs, les ambitions, les craintes et les regrets. Cette évaluation enferme une connaissance des choses, par exemple s'il s'agit de vaincre une superstition ridicule ou un vain présage ; elle enferme aussi une connaissance des passions elles-mêmes et un art de les modérer. Il ne manque rien à cette esquisse de la connaissance philosophique. L'on voit qu'elle vise toujours à la doctrine éthique, ou morale, et aussi qu'elle se fonde sur le jugement de chacun, sans autre secours que les conseils des sages. Cela n'enferme pas que le philosophe sache beaucoup, car un juste sentiment des difficultés et le recensement exact de ce que nous ignorons peut être un moyen de sagesse; mais cela enferme que le philosophe sache bien ce qu'il sait, et par son propre effort. Toute sa force est dans un ferme jugem (...)
(...) Suite de la question (Voir directement la réponse)
ent, contre la mort, contre la maladie, contre un rêve, contre une déception. Cette notion de la philosophie est familière à tous et elle suffit.
Alain.
Bonjour ! Voici ma réponse...
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Ce texte d'Alain porte sur la question de savoir quelle est la force de l'esprit humain. Contre une approche cartésienne, Alain montre que l'esprit humain ne dépend pas d'une norme supérieure ou d'une force surnaturelle. L'esprit n'a pas été façonné par Dieu, et les idées qu'il peut se faire des choses, il ne le peut que par lui-même, par ses propres moyens. En ce sens, Alain souligne la situation tragique de l'homme sur terre. Il met en valeur le fait que l'homme n'a qu'un pouvoir limité d'orientation dans le monde. Son pouvoir de connaissance et de vérité n'est pas tout puissant et l'expérience de sa force le reconduit toujours également à ses limites. La sagesse n'est donc pas une toute puissance pour l'homme, mais l'expérience juste de ses limites. Autrement dit, c'est en ayant conscience de sa finitude que l'esprit trouve ses vérités et ses valeurs : il vaut lui-même par l'effort qu'il produit pour se dépasser. Alain défend la liberté rationnelle de l'homme fini.