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Philosophie > Fiche sujet expliqué

Thème abordé :  analyse combinatoire
Sujet / exercice :  commentaire du texte le calcul des plaisirs
Posée le : 27/12/2008
Type de demande : Correction d'un travail

Note attribuée
popularité

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Bon,jour,
Je vous envoie un commentaire de texte sur une partie de l'oeuvre Epicure. Lettre à Ménécée. Traduction Jean-François Balaudé / ed. Le Livre de Poche – p. 2
C'est un DM à rendre pour la rentrée.
Ci joint, mon commentaire ainsi que le texte.
Merci d'avance pour vos remarques. ... ... 
Bonjour,

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Je vous envoie seulement mon devoir. C'est sans doute l'envoi du texte qui ne marche pas car c'est un copier-coller à partir d'un pdf.
Le texte est : il faut voir, en raisonnant par analogie, que parmi les désirs, certains sont naturels, d'autres vides, et que parmi les désirs naturels, certains sont nécessaires, d'autres seulement naturels ; et parmi les désirs nécessaires, certains sont nécessaires au bonheur, d'autres à l'absence de perturbations du corps, d'autres à la vie même. En effet, une observation sans détour de ces distinctions sait rapporter tout choix et tout refus à la santé du corps et à l'ataraxie, puisque telle est la fin de la vie bienheureuse ; car ce pour quoi nous faisons toutes choses, c'est ne pas souffrir et ne pas être dans l'effroi ; et une fois que cela se réalise en nous, se dissipe toute la tempête de l'âme, puisque le vivant n'a pas à se diriger vers quelque chose comme si cela lui manquait, ni à en chercher une autre qui permettrait au bien de l'âme et à celui du corps d'atteindre leur plénitude ; en effet, c'est à ce moment que nous avons besoin d'un plaisir, lorsque nous souffrons par suite de l'absence du plaisir ; mais lorsque nous ne souffrons pas, nous n'avons plus besoin du plaisir.
Et c'est pour cette raison que nous disons que le plaisir est le principe et la fin de la vie bienheureuse. Car c'est le plaisir que nous avons reconnu comme le bien premier et congénital, et c'est à partir de lui que nous commençons à choisir et refuser, et c'est à lui que nous aboutissons, en jugeant tout bien d'après l'affection prise comme règle. Et parce que c'est là le bien premier et co-naturel, pour cette raison nous choisissons tout plaisir ; mais il y a des cas où nous passons par-dessus de nombreux plaisirs, chaque fois qu'un désagrément plus grand résulte pour nous de ces plaisirs ; et nous pensons que bien des douleurs sont préférables à des plaisirs, lorsqu'un plus grand plaisir s'ensuit pour nous, après avoir longtemps supporté les douleurs. Donc, tout plaisir, parce qu'il a une nature appropriée, est un bien, et cependant tout plaisir n'est pas à choisir ; de même aussi que toute douleur est un mal, bien que toute douleur ne soit pas de nature à toujours être évitée.
Cependant, c'est par la mesure comparative et la considération des avantages et des
désavantages, qu'il convient de juger de tous ces points. Car à certains moments nous faisons usage du bien comme s'il était un mal, et inversement du mal comme s'il était un bien

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Bonjour,
Ma correction se trouve jointe en fichier word. Je fais cependant un copier coller, au cas où vous ne pourriez l'ouvrir :

Votre devoir me paraît correct, malgré quelques erreurs. Il n’y a pas de contresens majeur dans l’explication de texte. L’expression est fluide est didactique (parfois peut-être trop, comme dans dernière sous-partie de l’explication).
Je vous adresserai les remarques que j’ai à vous faire selon l’ordre de votre devoir. Il ne s’agit pas pour moi de déprécier votre devoir (plutôt bon dans l’ensemble et témoignant d’une réflexion approfondie sur le sujet) mais de vous aider à progresser et à être plus rigoureux. Il s’agit donc que de conseils et non de reproches ! Je vous souhaite une bonne continuation dans vos études philosophiques et bon courage pour la reprise de votre devoir.

Introduction :
Les deux introductions que vous m’avez soumises sont complémentaires. La seconde cerne mieux le sujet que la première. Cependant, la première présente l’avantage de présenter la philosophie d’Epicure. Vous pouvez donc les fusionner, me semble-t-il. Je vous propose l’introduction suivante, qui reprend vos idées en les reformulant :
« Nous entendons communément dire que le bonheur est un état précaire qui, de plus, est difficile à atteindre. Pour Epicure, cependant, nous pouvons atteindre le bonheur si nous respectons les quatre principes suivant, qui constituent la philosophie épicurienne : ne pas craindre les dieux, ne pas craindre la mort, ne pas craindre la douleur et, enfin, ne pas craindre de passer à coté du bonheur car il est facile à obtenir. C’est ce dernier principe qui nous intéressera ici : en quoi le bonheur, cet état perpétuellement recherché par tous les individus, serait plus facile à obtenir que nous le croyons? Quels moyens faut-il déployer pour l’atteindre ? Voilà les questions auxquelles Epicure répond en s’appliquant à en dégager les raisons. »

Partie I : explication du texte :
Première sous-partie :
- Attention à écrire les chiffres en toutes lettres dans un devoir.
- Attention, vous faites des erreur d’interprétation ; les désirs vides ne sont pas ceux qui ne visent aucun plaisir (tout désir a pour but la satisfaction d’un plaisir. Vous pouvez à ce sujet consulter l’analyse freudienne du désir) mais des désirs visant des plaisirs dont la satisfaction ne contribue en rien au bonheur. Les désirs naturel, a contrario, sont ceux qui visent directement le bonheur. Les désirs naturels sont ceux qui relèvent de l’instinct. La suite des distinctions (entre les trois catégories de désirs naturels nécessaires) est juste. Vous pouvez insister sur le fait que les désirs naturels nécessaires à la vie sont des « besoins vitaux », ce qui signifie que si ils ne sont pas satisfaits, la mort s’en suit.
- Vous avez sinon bien répertorié les catégories de désirs. Vous pouvez utiliser le terme de « ramification » pour désigner les sous-catégories de désirs.
- Vous pouvez préciser que ce sont les désirs naturels nécessaires qu’Epicure revendique comme préalables au bonheur, excluant les plaisirs « vides » et les plaisirs instinctifs (purement naturels)
Deuxième sous-partie :
- « Dans la suite du texte » est plus idiomatique que « avec la suite du texte »
- Votre explication est juste mais un peu compliquée. La thèse d’Epicure, dans la partie du texte que vous traitez, peut être résumée comme cela : L’ataraxie (soit l’absence de troubles) est obtenue par la satisfaction des plaisirs (c’est-à-dire l’absence de manque). Epicure soulève cependant un paradoxe : un manque subsiste même dans l’état d’ataraxie : le manque…de plaisir. Epicure justifie donc le fait qu’il est bon de toujours désirer pour être heureux.
Troisième sous-partie :
- Vous explicitez correctement la thèse énoncée à la fin du premier paragraphe et développée au début du second
Quatrième sous-partie :
- Votre argumentation est claire. Il est pertinent de mentionner le terme de « calcul de plaisirs », qui n’apparaît pas dans le texte même d’Epicure mais qui y est implicite.

Partie II : discussion
Cette partie est moins aisée à corriger car il s’agit de réflexions personnelles.
- Première sous-partie :
Votre remise en cause de la classification est intéressante, bien qu’on comprenne mal comment elle implique un commentaire sur l’importance de l’inconscient dans la satisfaction des désirs. Ce point est important et vous le développez à raison : c’est la transition avec la critique de la classification qui doit être revue (l’intervention de l’inconscient dans la satisfaction des désirs empêche l’individu de saisir rationnellement la nature de ses désirs). De plus, votre argumentation demanderait à être appuyée de façon plus rigoureuse par des références philosophiques. Vous mentionnez à la fin la psychanalyse : un développement plus conséquent sur Freud serait le bienvenu.
- Deuxième sous-partie :
Le mythe d’Aristophane (vous pouvez préciser qu’il est tiré du Banquet de Platon) est pertinemment réutilisé ici, bravo. Cependant, on comprend mal en quoi il illustre le fait que le philosophe doit chercher plutôt la vérité que le plaisir, thèse que vous défendez assez mal. Il faudrait davantage critiquer ici que la recherche de certains plaisirs entraîne l’abandon de la recherche d’autres plaisirs. Autrement dit, que certains désirs s’auto-excluent entre eux (désir vital et désir d’amour comme dans le mythe, par exemple) et donc qu’il faut peut-être faire une hiérarchie dans la satisfaction des désirs : ne faut-il pas satisfaire ses besoins vitaux avant de songer à satisfaire d’autres plaisirs ? Il y a de toute façon toujours un choix à faire entre ses désirs. On peut par exemple penser à Achille qui doit choisir entre la satisfaction de deux désirs qui s’auto-excluent : celui d’une longue vie calme paisible (qui exclue la gloire) ou celui de gloire (qui sous-entend de mourir jeune).
- Troisième sous-partie :
Vous mentionnez ici la disproportion possible entre certaines causes et leur
s effets, ce que communément on appelle « l’effet papillon ». Vous pouvez vous référez sur ce point à Pascal, qui constitue une référence plus philosophique. C’est la théorie selon laquelle « Le nez de Cléopâtre s’il eût été plus court toute la face de la terre aurait changé ». (extrait des Pensées). Il est donc vrai que dans le calcul des plaisirs, on ne peut pas anticiper que parfois « petites causes, grands effets ».
- Qautrième sous-partie :
Il est intéressant de finir par le risque encouru par le philosophe de rester « dans sa tour d’ivoire », isolé du reste du monde. Le terme d’autarcie est à juste titre mentionné.

La conclusion résume bien votre démarche.
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