Type de demande : question
" je suis corps et âme ",ainsi parle l'enfant. Et pourquoi ne parlerait-on pas comme les enfants?
Mais l'homme éveillé, l'homme qui sait, dit: " Je suis corps absolument, et rien d'autre; et âme n'est qu'un mot pour désigner une qualité du corps".
le corps est une grande raison, une multiplicité, douée d'un unique sens, une guerre et une paix, un troupeau et un berger.
un outil de ton corps, voilà, mon frère, ce qu'est aussi ta petite raison, que tu nommes "esprit", un petit outil et un petit jouet de ta grande raison.
"Moi", dis-tu, et tu es fier de ce mot.Mais il y a quelque chose de plus grand -- à quoi tu refuses de croire-- c'est ton corps et sa grande raison;elle ne dit pas Moi, mais fait le Moi."
Nietzsche (Les contempteurs du corps in Ainsi parlait Zarathoustra)
C'est mon premier devoir de philo et je me sens un peu perdu !
les indications de mon professeur ont été les suivantes ;
Intro ; thème, thèse, forme, structure
Je pense que le thème est la séparation de l'âme et du corps
La forme est celle du dialogue un peu ironique
J'aimerais que vous m'aidiez au niveau de la thèse et de la structure du texte.
Je pense que les grandes idées de ce texte sont que tout est corps et que l'âme lui appartient.
Je ne suis pas sûr de comprendre le dernier paragraphe.
Devrais-je expliquer le texte ligne par ligne ou en sortir les grandes idées suivant un plan bien établi ?
J'ai peur de faire des contresens ?
Merci de m'éclairer sur tous ces points et surtout de m'expliquer les idées principales de ce texte.
Réponse de nos Cyberprofs
Dans ce texte, Nietzsche aborde la question des rapports entre la pensée et le corps (il critique l'âme au sens chrétien du terme, ce pourquoi il parle d'âme uniquement par la bouche de l'enfant). La thèse qu'il défend consiste à dire que contrairement au rationalisme cartésien, qui pose la toute-puissance de la conscience raisonnante sur le corps, nous devons nous méfier de notre moi conscient. L'homme croit qu'il peut tout maîtriser au moyen de se pensée, alors même que cette pensée n'est que le produit des mouvements d'un corps dont il n'a pas pleinement conscience. En ce sens, Noetzsche ravlorise le corps par rapport à la conscience.
la structure du texte peut se donner en trois temps. D'abord, il oppose deux points de vue en faisant dialoguer fictivement l'enfant et l'homme mûr, celui qui comprend naïvement son moi et celui qui a saisi que ce moi n'était pas une âme toute puissante. Puis, il présente une opposition, en deux temps, entre la grande raison du corps, et la petit raison de l'esprit. de façon provocatrice et paradoxale, il montre donc que le corps humain n'est pas qu'un ensemble d'organes inintelligent et soumis à la raison spirituelle. Le corps doit être conçu comme une force intelligente par lui-même, c'est-à -dire comme une grande raison qui comprend le monde et transmets à la petite raison de l'esprit des informations qu'elle traitera ensuite en se croyant puissante (alors qu'elle n'est que le produit des mouvements corporels).