Type de demande : question
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Vous dégagerez l'intérêt philosophique du texte suivant en procédant à son étude ordonnée :
La liberté individuelle peut et même doit être accordée à tous par la communauté publique. Elle ne met en péril ni la paix intérieure, ni le droit dont dispose la souveraine Puissance ; au contraire, elle ne saurait être supprimée sans mettre en péril la paix intérieure et nuire considérablement à la communauté entière. Pour démontrer ma thèse, je pars du droit de nature en l'individu. Ce droit de nature ne connaît d'autre limite que le désir et la puissance de chacun ; nul, suivant le droit de nature, n'est obligé vivre comme il plaît à un autre, mais chacun assure, en personne, la garantie de sa liberté. Je montre ensuite que nul n'aliène effectivement ce droit, à moins de transférer à un autre sa puissance de se défendre. Par conséquent, une personne à qui tous les autres hommes auraient transféré, en même temps que leur puissance de se défendre, leur droit de vivre à leur gré, détiendrait absolument le droit de nature de tous. Autrement dit, les personnes, disposant de l'autorité souveraine en leurs pays respectifs, jouissent du droit d'accomplir tout ce qui est en leur pouvoir. Elles seules, désormais, sont responsables de l'exercice du droit, comme de la liberté de qui que ce soit, et leur vouloir règle la conduite de tous les particuliers. Néanmoins, nul ne pouvant renoncer au pouvoir de se défendre au point qu'il cesse d'être un homme, j'en déduis que nul ne saur
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ait perdre la totalité de son droit de nature.
SPINOZA
Bonjour ! Voici ma réponse...
Si tu souhaites approfondir le sujet, n'hésite pas à poser ta propre question.
Ce texte de Spinoza présente le problème du droit naturel. Pour lui, et c'est sa thèse, il paraît difficile de prétendre établir un contrat social qui fonctionne comme le renoncement à la liberté naturelle. Autrement dit, et si l'on songe ici à Hobbes (Leviathan), il est possible de critiquer la thèse selon laquelle l'homme (qui à l'état de nature possède un droit sur toutes choses de façon illimitée) serait susceptible de renoncer à cette liberté totale au profit d'un seul ou de quelques uns, en contrepartie d'une vie civile pacifiée. La théorie du contrat social comme contrat de transfert de la liberté (c'est-à-dire de la puissance naturelle qui assure en chacun de nous son instinct de survie) est donc une théorie fausse dans le sens strict où aucun n'a le choix de ce renoncement total.
Le texte auquel vous êtes confronté est donc un texte qui critique fortement le conventionnalisme ou contractualisme en affirmant par ailleurs qu'il faut alors penser que la liberté individuelle n'est pas par elle-même un problème. Comment alors comprendre ce dilemme entre impossibilité de renoncer à son droit naturel illimité et nécessité de vivre avec les autres ? Peut-on croire que la liberté de chacun ne va pas rentrer en conflit avec celle des autres ?
La solution de Spinoza n'est pas dans ce texte mais elle semble se dessiner dans l'espace de ce qui est critiqué ici. En effet, Spinoza suggère que les libertés peuvent s'accorder dans la mesure où aucun ne renonce pleinement à son droit naturel sans pour autant l'exercer pleinement. Il y aurait en quelque sorte une possibilité de réduire sa liberté au profit des autres.
Cela n'est toutefois pas directement dans le texte et votre commentaire doit se borner à faire ressortir la thèse que je vous explique plus haut de façon linéaire et progressive. Si vous voulez que je vous y aide, il vaut mieux me proposer plus précisément une armature de commentaire avec des question précises, sans quoi je ne peux faire le commentaire à votre place.
Bon courage.