Type de demande : question
Bonjour,
je vous envoie ce que j'ai compris des textes référencés pour ma dissertation ("Devons-nous distinguer deux mondes: le monde commun et le monde de la science?)ainsi que des questions qui me mettent en difficulté.
Bibliographie:
-Platon, La république livre7: le mythe de la caverne.Platon nous indique deux mondes :le monde visible et le monde de l'ombre. La montée dans la région supérieure et la contemplation des objets sont considérés comme ascension de l'âme vers le lieu intelligible.
monde visible: lumière gouverne
monde intelligible: dispense de vérité et d'intelligence.
-Descartes, Discours de la méthode 4ème partie:Descartes sépare le corps et l'esprit.
L'esprit (~monde de la science?): imagination, ce qui ne se voit pas, ce qui ne peut s'expliquer que par un raisonnement et non par les sens.
Le corps: ce qui est visible et donc par les sens.
ce que l'on met en commun dans le monde visible.
nature intelligente/corporelle
-Descartes,méditations métaphysiques I et II: accoutumer notre esprit à se séparer des sens.
esprit=nature intellectuelle
corps/esprit
Rêves :esprit imaginatif
semblables illusions avec la réalité: apparences fausses
corps :fiction de l'esprit, nous le concevons par la pensé
-Leibniz, monadologie: il existe un Dieu unique présent dans les esprits
âmes/corps :agissant l'un sur l'autre sans se connaître
monde moral +monde naturel= cité de Dieu
-Nietzsche, Vérité et mensonge au sens extra-moral: l'homme se construit un monde d'idées artificiel
L'homme perçoit-il le vrai monde?
vérités scientifiques s'opposent aux vérités d'un tout autre genre les plus hétéroclites(?)
-Nietzsche, Crépuscule des idoles: "Comment le monde vrai a fini par devenir une fable": monde vrai/monde des apparences
monde vrai: inconnu mais pensé
Le monde des apparences a été abolit en même temps que le monde vrai
-Husserl, la crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale:
Le monde moderne a déjà renoncé à la philosophie: il conçoit celle-ci comme simple auxiliaire (méthodologique ou classificatoire) pour les sciences, comme prouesse esthétique (il y aurait des belles philosophies, mais jamais de philosophie vraie), ou encore comme «vision du monde» (toujours relative, au milieu d'autres «visions», elles-mêmes relatives).
Qu'il y ait des choses dans-le-monde, qu'il y ait un monde, cela ne saurait être considéré comme allant de soi: notre croyance en la réalité objective des choses et du monde est issue de ce que Husserl nomme l'«attitude naturelle» (d'où dérivent aussi les doctrines «naturalistes» ou «objectivistes»), attitude dont il s'agit justement de se déprendre. Donc, si la phénoménologie se veut «science», elle se distingue radicalement, tant par ses problèmes que par ses méthodes, des sciences «positives», qui participent, elles, de l'attitude naturelle.
En outre, pour répondre à la question , doit-on parler de "Dieu"?
Ainsi à quels mondes doit on penser?Je saisis le problème mais peut etre pas dans le bon sens.Doit-on prendre le mot "science" pour la science expérimentale ou la considérer comme le monde intellectuel (esprit)?et le monde commun?
Dans ce cas là, quel problématique dois-je en déduire?
Pouvez-vous svp me proposer un plan (détaillé si possible) adapté à cette question (à la problématique)?ainsi que des idées importantes que j'ai du oublié.
En vous remerçiant d'avance.
Réponse de nos Cyberprofs
L'interprétation du texte de Platonn est correcte : ce que nous dit globalement le mythe de la caverne est qu'il faut se méfier des apparences et essayer de se fier au règles de l'esprit, à sa capacité innée à trouver une vérité qui dépend des idées en lui, afin de fonder les sciences sur un sol plus assuré que celui des sensations.
Les deux textes de Descartes que vous avez lu vous indiquent en effet que seul l'esprit est à même de construire la science. Dans une optique assez proche de Platon, Descartes pense que le critère de vérité dépend de la méthode de l'esprit c'est-à-dire de la capacité à condtruire le vrai à partir des règles logiques de la pensée. Cela veut dire que les sensations doivent être tri"es (et non rejetées comme Platon) pour reconnaître le vrai du faux et fonder les sciences comme modes de lecture du monde sensible.
Ce qui est surtout important chez Leibniz est que nous ne sommes que des monades dépendantes de Dieu, c'est-à-dire des être finis et limités qui n'avons qu'une connaissance parcellaire de la réalité. Il dépend donc de notre capacité à reconnaître cette finitude radicale de trouver la vérité en discernant les choses claires des choses confuses. La vérité est donc discernement de l'objet scientifique par rapport à la sensation commmune confuse.
Pour Nietzsche, il ne faut pas se laisser abuser par les certitudes des scientifiques qui nous font croire qu'ils sont capables de produire des critères de lecture absolues du monde aves des critères stables de vérités. En effet, comme l'homme est un être limité, il n'a de vérité que relative à lui-même ou à une lecture possible alors que la réalité reste souvent plus riche et complexe que ce que la conscience veut bien trouver.
La critique que fait Husserl rejoint celle de Nietzsche dans la mesure où il accuse le scientisme pour montrer que les sciences positives sont souvent des interprétations des choses qui ne reposent pas sur autre chose que la conscience humaine. En d'autres termes, et c'est le projet de la phénoménonlogie, il faut apprendre à critiquer son appréhension du monde pour comprendre que nos principes scientifiques sont toujourus sujets à caution et que nous devons bien penser que le savoir que nous possédins reste un savoir relatif à nos moyens sensoriels de connaissance.
Le problème principal est celui de savoir dans quelle mesure les lois de la science dépendent de l'appréhension sensorielle du monde propre à l'homme. Il s'agit de vous demander si le monde commun défini comme monde perçu immédiatement par tout le monde est le même que celui qui est déterminé en vérité par les lois de la science. Vous pouvez donc commmencer par une réponse affirmative consistant à vous aider de l'empirisme pour affirmer que toute connaissance s'appuie sur l'expérience. La science est donc expérimentale par principe. Toutefois, et c'est ce qui peut constituer votre second axe, il faut montrer que les sens sont trompeurs (Platon ou Descartes) et que le monde de la science est un monde qui crève les apparences du monde commun pour produire un second monde de vérité (comme dans matrix). Enfin, dans une troisième partie, vous pouvez vous référer à Husserl ou Nietzsche pour mettre en valeur le fait que la science a des prétentions qu'elle ne peut honorer et que la distinction entre monde comme et monde de la science ne se justifie pas.
N'hésitez pas à me reproposer un plan plus détaillé, et désolé pour le retard..