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Bonjour,
Le texte est le suivant :
Que toute notre connaissance commence avec l'expérience cela ne soulève aucun doute. En effet, par quoi notre pouvoir de connaitre pourrait-il être éveillé et mis en action, si ce n'est pas des objets qui frappent nos sens et qui d'une part produisent par eux-mêmes des représentations, et d'autre part, mettent en mouvements notre faculté intellectuelle, afin qu'elle compare, lie, ou sépare ces représentations et travaille ainsi la matière brute des impressions sensibles pour en tirer une connaisance des objets, celle qu'on nomme l'expérience ? Ainsi, chronologiquement aucune connaissance ne précède en nous l'expérience et c'est avec elle que toutes commencent.
Mais si toute notre connaissance débute avec l'expérience, cela ne prouve pas qu'elles dérivent toutes de l'expérience, car il se pourrait bien que même notre connaissance par expérience fut un composé de ce que nous recevons des impressions sensibles, et de (...)
(...) Suite de la question (Voir directement la réponse)
ce que notre propre pouvoir de connaître (simplement ancré par des impressions sensibles) produit de lui-même, addition que nous ne distinguons pas de la matière première jusqu'à ce que notre attention y est été portée par un long exercice qui nous est appris à s'en séparer.
J'ai besoin de vous pour l'étude ordonnée du texte. Je ne vous demande pas de me faire l'étude complète du texte mais de me le "traduire"... afin d'en dégager l'intérêt philosophique.
(dégager les grandes idées de l'auteur et trouver des arguments)
Merci beaucoup pour votre aide précieuse.
JEREMY
Bonjour ! Voici ma réponse...
Si tu souhaites approfondir le sujet, n'hésite pas à poser ta propre question.
Ce texte (un des plus fameux de Kant) adopte une position médiane entre empirisme et rationalisme du point de vue de la théorie de la connaissance. En effet, les empiristes ou partisans de l'expérience (Hume) nous disent que toute connaissance se fait exclusivement par les sensations des choses. C'est notre capacité à décoder ce que nous livre l'expérience qui fait le fondement de nos connaissances. A l'inverse, les rationalistes (Descartes) nous expliquent que la connaissance sensible est constamment livrée à l'erreur si l'esprit ne la corrige. En d'autres termes, les sensations des choses sont contradictoires et le seul moyen de les connaître est de posséder un critère de vérité dans l'esprit. La vérité vient donc de notre discernement spirituel (de la raison) et les connaissances se fondent sur la raison et non sur l'expérience.
Ici Kant articule les deux thèses, puisque toute connaissance a besoin d'un matériau initial qui est l'apport de l'information sensible brute (la sensation ressentie de façon purement nerveuse) mais nécessite également un travail de décodage et de tri propre à l'entendement (et non à la raison car les deux sont différents pour Kant) pour parvenir à se constituer comme connaissance solide à part entière (dépouillée des contradictions internes au sensible). Kant explique donc ici le lien entre information sensible et traduction intelligible, en montrant que l'entendement possède des critères de tri ne dépendant pas de l'expérience (un certain nombre de "catégories" de pensée permettant de traiter l'information sensible : ce sont les "concepts purs de l'entendement"). Toute connaissance doit donc être comprise comme une composition partant d'une double source : sensibilité et entendement.