Type de demande : correction
Hume
"Parmi un millier d'opinions différentes que les hommes divers entretiennent sur le même sujet, il y en a une, et une seulement, qui est juste et vraie. Et la seule difficulté est de la déterminer et de la rendre certaine. Au contraire, un millier de sentiments différents excités par le même objet, sont justes, parce qu'aucun sentiment ne représente ce qui est réellement dans l'objet. Il marque seulement une certaine conformité ou une relation entre l'objet et les organes ou facultés de l'esprit, et si cette conformité n'existait pas réellement, le sentiment n'aurait mais pu, selon toute possibilité exister. La beauté n'est pas une qualité inhérente aux choses elles--mêmes, elle existe seulement dans l'esprit qui la contemple, et chaque esprit perçoit une beauté différente. Une personne peut même percevoir de la difformité là où une autre perçoit de la beauté. Et tout individu devrait être d'accord avec son propre sentiment, sans prétendre régler ceux des autres".
Questions :
1 Dégagez l'idée principale du texte et les étapes de son argumentation.
Expliquez :
2 -aucun sentiment ne représente ce qui est réellement dans l'objet.
La beauté n'est pas une qualité inhérente aux choses.
Facultatif :
Peut-on se tromper en disant qu'une chose est belle ?
Réponse :
1. L'auteur parle au début du texte de milliers d'opinions vraies ou fausses, en nous disant qu'une seule est vraie. Il veut nous montrer par là que pour les opinions il y a une règle, c'est-à-dire tout être peut savoir s'il a raison ou tort. Or pour la beauté c'est différent.
l'idée principale du texte est la beauté perçue différemment selon les sujets et selon les sentiments que les personnes dégagent en regardant un être, un objet. Le subjectif est étroitement lié à la personne qui éprouve tel ou tel sentiment. Il nous dit même la beauté existe dans notre esprit, dans la façon que nous avons de contempler les choses, notre aptitude à découvrir les choses.
Milles personnes différentes n'éprouveront pas le même sentiment pour un objet, l'auteur veut nous montrer même qu'une chose difforme, laide peut plaire à quelqu'un et ne pas laisser la personne indifférente. L'auteur nous dit que nous devons déjà être en accord avec nous mêmes, avec nos propres sentiments et nous ne devons pas vouloir régler les problèmes des autres.
2- milles yeux peuvent voir un objet différemment , éprouver de la joie, de la
tristesse, mille sentiments différents, l'objet lui est tel, il ne vit pas, n'a pas d'âme, pas de sentiment. Je peux dire cet objet a une particularité gazeuse par exemple, scientifiquement je peux le prouver, par contre cet objet est beau, grand etc. c'est subjectif, personnel ce que je ressens moi et non l'objet ou une autre personne.
3- non, la beauté est subjective, personnelle, ce sont des sentiments qu'une personne ressent pour un être, un objet, parce qu'elle soit elle le trouve beau ou laid, mais elle éprouve quelque chose de personnelle qu'elle ne peut souvent même pas décrire.
4- Facultatif :
La chose que je trouve belle c'est subjectif, c'est à mon esprit qu'elle plait
Ce sentiment ne peut pas être justifié rationnellement : il est relatif.
Telle chose peut me paraître belle à moi et laide à quelqu'un d'autre.
Je ne pense pas que l'on se trompe quand on dit qu'une chose est belle, puisque c'est à nous qu'elle plait, à notre esprit et nous engageons que nos sentiments pas ceux des autres.
Par contre nous devons admettre qu'elle peut nous plaire qu'à nous et que les autres peuvent ne pas aimer.
merci de m'apporter les corrections nécessaires.
Réponse de nos Cyberprofs
Vous percevez bien la différence que Hume fait entre opinion et sentiment, et correlativement la différence des adjectifs qui peuvent les qulifier : une opinion peut être vraie ou fausse, pour le savoir il faut en effet la confronter à une REGLE, une norme du vrai, tandis que l'on ne saurait dire qu'un sentiment puisse être FAUX, et par conséquent vrai. Hume le qualifie de JUSTE, tous les sentiments sont toujours justes (non pas vrais) parce qu'ils se rapportent non pas à une qualité INTRINSEQUE (inhérente, appartenant à) de l'objet, mais au sujet du sentiment. C'est ce que vous expliquez par le terme de "subjectif". Je ferai une remarque ici : faites attention à justifier les termes que vous employez quand ils n'appartiennent pas au vocabulaire de l'auteur dont vous tenter de comprendre la pensée. Ici vous devez justifier votre emploi du terme "subjectif" en tentant de le repporter à ce que Hume dit de "la conformité ou relation" entre l'objet et les "organes" de l'esprit (expliquer ici le mot d'organes dans ce contexte). Il y a certes relitivité de la perception selon le sujet, mais rapport essentiel avec l'objet, sans l'objet, sans le RAPPORT A (le fait de se rapporter à) l'objet, il n'y aurait pas de sentiment.
Ma dernière remarque concerne le dernier moment de l'extrait. Il faut mieux expliquer et commenter ce que Hume a voulu dire par cette phrase : "Et tout individu devrait être d'accord avec son sentiment sans prétendre régler ceux des autres". Qu'est-ce que cela veut dire? N'est-ce pas d'abord une conséquence de la thèse de Hume selon laquelle tout SENTIMENT, en tant que sentiment, est juste, et que par conséquant il n'y a nulle contradiction dans le fait que les hommes éprouvent des sentiments diverses à l'égard des mêmes objets? Mais, ensuite, cela ne veut-il pas dire, si Hume ici précise cette conséqence, que cette relativité naturelle du sentiment est communément ignorée, et que les hommes trouvent en général odieux que les autres individus ressentent des sentiments différents des leurs et se mettent en devoir de les faire sentir comme eux? Ou, s'ils ne peuvent faire changer de sentiment les autres individus, et qu'ils sont gênés de la différence, n'entrent-t-ils pas en désaccord avec eux-mêmes à cause de leur propre sentiment?
Voici donc les quelques remarques que votre réflexion impose. N'hésitez pas à demander des précisions supplémentaires. Bon courage