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Question posée : "Epictète"   -
- Type de demande : question

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Question posée le : 00/00/1995
Matière : en philosophie
Type de question : question
Titre de la question : "Epictète"
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-Bonjour !
J’ai pour mardi-ci un commentaire de texte à faire. J’avoue que je m’y prends un peu tard car j’avais beaucoup de devoir ces derniers temps. Voilà le texte en question qui est d’Épictète :

« Est libre l'homme qui ne rencontre pas d'obstacles et qui a tout à sa disposition comme il veut. L 'homme qui peut être arrêté, contraint, entravé ou jeté malgré lui dans quelque entreprise est un esclave. Mais quel est celui qui ne rencontre pas d'obstacles? C'est celui qui ne désire rien qui lui soit étranger. Et qu'est -ce qui nous est étranger? C'est ce qu'il ne dépend pas de nous d'avoir ou de ne pas avoir, ni d'avoir avec telle qualité dans telles conditions. Ainsi le corps nous est -il étranger, étrangères ses parties, étrangère notre fortune; si tu t'attaches à l’une de ces choses comme à ton propre, tu subiras le châtiment que mérite celui qui convoite des choses étrangères. Telle est la route qui conduit à la liberté, le seul moyen de nous affranchir de l'esclavage. »
EPICTÈTE

Il me semble qu’en premier il faut donner les grandes articulations du texte. Voilà ce que j’ai trouvé :
1)Thèse de l’auteur où il donne sa définition de la liberté.
2)Deuxième partie de la thèse -  (...)

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- (...) Suite de la question (Voir directement la réponse)

ou il définit ce qu’est un esclave.
3)Précision d’un terme qui peut paraître ambiguë : l’obstacle
4)Précision d’un autre terme : étranger.
Ainsi, on remarque on certaine progression dans son raisonnement, il y a un souci de clarté.
5) exemple de ce qui nous est étranger
6)argument supplémentaire : il ne faut pas s’attacher aux choses étrangères.
7)conclusion
Le premier obstacle qui vient à moi est le suivant : que rajouter dans cette explication de texte ? Sur quoi faut-il réfléchir dans le cas présent ?
J’ai étudié en latin le stoïcisme cette année, comment le placer dans cette explication ? Comment faire intervenir les thermes de raison, ataraxia ou apatheïa ?
Puis-je expliquer les idées d’Épictète en piochant dans ce que je sais du stoïcisme ?
En ce qui concerne l’intérêt philosophique, on pourrait ce demander si les choses étrangère ne dépendent vraiment pas de nous ou si nous pouvons agir sur elle. Mais je ne suis pas très sûr de cela. Pouvez m’aider à peaufiner cet intérêt philosophique ?
Malgré tout, si vous avez d'autres idées ou si vous n'êtes pas d'accord avec moi ,ce dont je ne doute pas :-), je suis preneur!
Merci d’avance.
Julien Dubrulle.


Edited by - heydeath on 13/10/2001 22:21:09 " -

Bonjour ! Voici ma réponse...

Mon Cyberprof Si tu souhaites approfondir le sujet, n'hésite pas à poser ta propre question.


Le plan du texte à mon avis :

I/ La définition de la liberté et de son contraire (la servitude) par l'emploi de notions précises : l'absence d'obstacle (à l'action) et la volonté pour la liberté; la contrainte et la contradiction intérieure ("être jeté malgré soi-même...") :
Est libre l'homme qui ne rencontre pas d'obstacles et qui a tout à sa disposition comme il veut. L 'homme qui peut être arrêté, contraint, entravé ou jeté malgré lui dans quelque entreprise est un esclave.

II/ Les conditions de la liberté/ les conditions de la servitudes (importance fondamentale de la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas):
Mais quel est celui qui ne rencontre pas d'obstacles? C'est celui qui ne désire rien qui lui soit étranger. Et qu'est -ce qui nous est étranger? C'est ce qu'il ne dépend pas de nous d'avoir ou de ne pas avoir, ni d'avoir avec telle qualité dans telles conditions.

III/ Ce qu'il ne faut pas faire (sinon on tombe dans la condition d'esclave)/ Ce qu'il faut "faire" en vue du salut pour éviter la servitude et être libre : ne pas s'occuper de ce qui nous est étranger :
Ainsi le corps nous est -il étranger, étrangères ses parties, étrangère notre fortune; si tu t'attaches à l’une de ces choses comme à ton propre, tu subiras le châtiment que mérite celui qui convoite des choses étrangères. Telle est la route qui conduit à la liberté, le seul moyen de nous affranchir de l'esclavage. »
EPICTÈTE

aux choses étrangères.

Ce qui est en cause dans ce que vous avez proposé est seulement le découpage général, mais le détail est bon et surtout ce souci que vous témoignez à l'égard des termes du sujet : expliquer et commenter un texte de philsophie suppose précisément de s'attacher au plus près aux termes du sujet 1°/ pour les expliquer et 2°/ pour montrer comment l'emploi de ces termes est stratégique dans le texte : comment ils le font avancer vers sa conclusion. Il s'agit ainsi par l'étude précise des notions utilisées par l'auteur de "démonter" l'argumentation de l'auteur (en montrer son mécanisme) pour affirmer sa thèse (définition d'une certaine conception de la liberté qui par contraste définit son contraire : la servitude, etc...).

N'hésitez pas à utiliser vos connaissance sur le stoïcisme si cela peut enrichir votre explication de texte (développer la conception stoïcienne de la liberté, la place centrale de la Raison, la méfiance absolue à l'égard des passions qui sont des maladies de l'âme, etc...). Il faut introduire ces thèmes à l'occasion du commentaire de la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n'endépend pas, ce qui est étranger/ ce qui est propre (précisément : posez la question : qu'est-ce qui est notre propre? La raison).
Quant à votre dernière question qui concerne en fait la problématique que vous avez à élaborer pour étudier le texte (= projet de lecture du texte), il me semble qu'il faudrait plutôt renverser la persepctive et s'intérroger sur ce qui vraiment dépend de nous (ce sera l'occasion de faire de la notion de Raison un enjeu de votre commentaire).

Voilà quelques remarques. N'hésitez pas à demander des précisions supplémentaires. Bon courage.



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