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Question posée : aide pour le commentaire d'un texte de Helgel   -
- Type de demande : question

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Question posée le : 00/00/1995
Matière : en philosophie
Type de question : question
Titre de la question : aide pour le commentaire d'un texte de Helgel
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- Bonjour,

J'ai le texte suivant à commenter et c'est la première fois que je dois faire un commentaire :

Il est particulièrement nécessaire qu'on fasse de nouveau du « philosopher » une affaire sérieuse. Pour toutes les sciences, les arts, les talents, les métiers prévaut la conviction qu'on ne les possède pas sans se donner de la peine et faire l'effort de les apprendre et de les pratiquer. Quand on en vient à la philosophie, c'est un tout autre préjugé qui paraît régner aujourd'hui : si quiconque ayant des yeux et des doigts, à qui on fournit du cuir et un instrument, n'est pas pour cela en mesure de faire des souliers, - on croit que chacun s'entend pourtant à philosopher et à apprécier la philosophie, puisqu'il possède pour cela la mesure dans sa raison naturelle, comme s'il ne possédait pas également dans son pied la mesure d'un soulier. - II sembl (...) - 

 

- (...) Suite de la question (Voir directement la réponse)

e que la possession de la philosophie soit posée précisément dans le défaut de connaissance et d'étude et que celles-ci cessent quand la philosophie commence. On tient souvent la philosophie pour un savoir formel, vide de contenu, et on perd trop de vue que ce qui est vérité aussi selon le contenu dans quelque connaissance et science que ce soit peut seulement mériter ce nom de vérité, s'il a été engendré par la philosophie.
HEGEL
Phénoménologie de l'Esprit, Préface.

Pour l'introduction, je dois indiquer les différentes parties du texte. Moi j'en voie 3, mais çà me semble bizarre car la première se réduit à la première phrase du texte. La deuxième va jusqu'à "soulier" et la troisième de "il me semble" à la fin.
Qu'en pensez-vous ???

Dans la phrase "il me semble... la philosophie commence", Est-ce que c'est quand la philosophie commence que le défaut de connaissances disparait ou au contraire est-ce que c'est la connaissance (ds ce cas il s'agit sûrement d'une fausse connaissance, de préjugés ?) qui disparait ???

Je ne comprends pas bien la dernière phrase, son interêt par rapport au texte et son lien avec le texte, pouvez-vous m'aider ?

Pourriez-vous aussi m'aider pour la seconde partie du commentaire : que puis-je y mettre (comme idées, arguments...?) ?

Merci d'avance pour tous vos conseils !

Marie. " -

Bonjour ! Voici ma réponse...

Mon Cyberprof Si tu souhaites approfondir le sujet, n'hésite pas à poser ta propre question.


Plan du texte :

I/ Il est particulièrement nécessaire qu'on fasse de nouveau du « philosopher » une affaire sérieuse.

II/ 1°/Pour toutes les sciences, les arts, les talents, les métiers prévaut la conviction qu'on ne les possède pas sans se donner de la peine et faire l'effort de les apprendre et de les pratiquer.
2°/ Quand on en vient à la philosophie, c'est un tout autre préjugé qui paraît régner aujourd'hui : si quiconque ayant des yeux et des doigts, à qui on fournit du cuir et un instrument, n'est pas pour cela en mesure de faire des souliers, - on croit que chacun s'entend pourtant à philosopher et à apprécier la philosophie, puisqu'il possède pour cela la mesure dans sa raison naturelle, comme s'il ne possédait pas également dans son pied la mesure d'un soulier.
III/ II semble que la possession de la philosophie soit posée précisément dans le défaut de connaissance et d'étude et que celles-ci cessent quand la philosophie commence. On tient souvent la philosophie pour un savoir formel, vide de contenu, et on perd trop de vue que ce qui est vérité aussi selon le contenu dans quelque connaissance et science que ce soit peut seulement mériter ce nom de vérité, s'il a été engendré par la philosophie.
HEGEL
Phénoménologie de l'Esprit, Préface.

Pour l'introduction, vous devez en effet indiquer les différentes parties du texte, et ce sont bien celles que vous avez indiquées avec une petite précision pour la deuxième partie où l'on peut voir se développer deux moments : le premier consacré à l'opinion que l'on a généralement de tout ce qui n'est pas philosophie (nécessite l'effort, le travail si l'on veut posséder ces métiers) et un deuxième consacré au fait que la philosophie reçoit un traitement différent, et ce qui se dégage alors de cette deuxième partie (II), c'est que cette différence d'opinion tient à un préjugé, préjugé qui va être explicité et analysé dans la troisième partie (III).
La première partie même si ce n'est qu'une pharse constitue bien un moment distinct du texte en ce qu'elle énonce la thèse de Hégel (ce que dit Hegel du thème : philsophie et travail ou effort qui confère un caractère "sérieux" à l'activité).

Concernant la phrase "II semble que la possession de la philosophie soit posée précisément dans le défaut de connaissance et d'étude et que celles-ci cessent quand la philosophie commence", il faut comprendre le début littéralement : il y a philosphie parce qu'il n'y a pas de connaissance; et c'est précisément là le préjugé, préjugé qui nous vient d'où? question qu'il vous faut absolument poser parce qu'elle vous permet en y répondant de faire une référence qui s'impose ici : ce préjugé provient d'une mauvaise compréhension, parce que rapide, aveugle, sans effort, du thème socratique (je sais que je ne sais rien, mais ce n'est qu'un préalable, le préalbale à la réminscence, voyez Ménon). Il faut se débarrasser de ces anciens préjugés ou opinions en les connaissant d'abord comme tels (car la plupart du temps quand je ne m'interroge pas sur mes opinions je suis dans l'ignorance de la façon dont elles s'affirment : sans fondement, sans certitude, etc, en un mot le contraire de la connaissance vraie -voyez République VII). Cette thèse mal comprise donne le préjugé que dénonce Hegel : que connaissances et études cessent quand la philosophie commence (préjugé car toujours en se référant à Platon, voyez dans la République l'éducation réservée aux philosophes).

La dernière phrase est la plus difficile mais la plus essentielle car c'est elle qui permet de soutenir la thèse que Hegel place au début du texte (redonner tout son sérieux à l'activité philosophique). Il y a là, après la dénonciation du préjugé, l'entreprise de rappeler une vérité à propos de la philosophie : elle n'est pas simplement réflexion sur la forme de la pensée (si c'était le cas elle serait effectivement sans contenu), elle est aussi réflexion sur des idées au sens le plus concret, cad réflexion sur les idées qui naissent dans toute autre discipline (histoire, sciences, etc.), et elle se prononce sur leur cohérence.

Voilà donc quelques précisions concernant l'explication de ce texte de Hegel.
Bon courage


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