Type de demande : question
Je vous donne d'abord l'énoncé de ce texte qui est de Bergson :
" Pour savoir de science certaine qu'un être est conscient , il faudrait pénétrer en lui , coincider avec lui ,
être lui. Je vous défie de prouver par expérience ou par raisonnement , que moi , qui vous parle en ce moment , je sois un être conscient.Je pourrais être un automate ingénieusement construit par la nature , allant,
venant,discourant ; les paroles mêmes par lesquelles je me déclare conscient pourraient etre prononcées inconsciemment. Toutefois , si la chose n'est pas impossible, vous avourerez qu'elle n'est pas aussi guère probable. Entre vous et moi il y a une ressemblance extérieure évidente ; et de cette ressemblance vous concluez , par analogie , à une similitude interne. Le raisonnement par analogie ne donne jamais , je le veux bien , qu'une probabilité ; mais il y a une foule de cas ou cette probabilité est assez haute pour équivaloir pratiquement à la certitude. "
Voilà je voudrais avoir quelques confirmations et quelques précisions supplémentaires :
Donc on peut dire que Bergson est en total accord avec le cartésianisme puisque comme Descartes , il voit la conscience comme une pure intériorité c'est ca ?
ensuite je suis un peu embeté dans la rédaction parce que ma deuxième partie qui commente le passage de à partir de "toutefois..." 'n'est pas aussilongue et équilibrée que la première;Que dois je dire de plus après avoir expliqué la position de Bergson et son raisonnement par analogie ?
Ensuite je voudrais encore vous demander pour la critique : je vais parler donc de l'intentionnalité mais avec quel auteur ? Sartre , Husserl ? et comment critiquer la position de Bergson avec l'intentionnalité ? je n'arrive pas à plus développer après avoir dit que l'intentionnalité exclut la conscience comme un phénomène intérieur.dois je évoquer les difficultés du cartésianisme ( union de l'ame et du corps incomprhensible pour Descartes) ?
Edited by - steve on 17/12/2000 00:03:09 "
Réponse de nos Cyberprofs
Attention à ne pas assimiler trop vite la position de Bergson à celle de Descartes. Certes les deux auteurs pensent avec fermeté que le phénomène de conscience est irréductible, irréductible à un phénomène corporel (on ne peut pas expliquer la conscience en la rapportant à autre chose qu'elle-même -au corps pour Descartes, au langage, ou à tout ce qui s'intérprête extérieurement comme le fait d'un être conscient pour Bergson). Cependant, Descartes, lui, considère pouvoir démontrer avec certitude (une certitude scientifique, cf. les Méditations métaphysiques) qu'il est de la nature de l'homme d'être cosncient (d'avoir un corps et un esprit, d'être l'union de deux substances distinctes), et, avant de considérer la conscience comme une intériorité, Descartes la considère comme un phénomène substantiel (contrairement aux phénomènologues, Husserl, héritiers de Kant en cela). Pour Bergson, au contraire il s'agit de considérer la conscience AVANT TOUT comme une intériorité qui ne peut pas être l'objet d'une science (au sens de science certaine) (le texte insiste sur cette idée que l'on ne saurait produire aucun raisonnement ou argument rationnel suffisant pour démontrer qu'un être est conscient). Vous voyez donc que nos deux auteurs ont des conceptions différentes, soyez donc prudents dans vos affirmations.
Ensuite, pour de ce qui est du commentaire de la deuxième partie du texte, essayez de marquer les gradations dans le raisonnement: Bergson considère qu'il vient de montrer que l'on ne peut tenir aucun discours véritablement scientifique sur la conscience (pour démontrer qu'un être est conscient), il s'attaque alors à l'objection que l'on pourrait lui faire selon laquelle on pourrait lui dire, bon d'accord, pas de raisonnement scientifique au sens propre (cad emportant l'adhésion de façon nécessaire), mais vous pourriez reconnaître que ce raisonnement, cette conclusion que l'autre homme est un être conscient comme moi, est au moins probable. Et Bergson d'essayer donc de montrer que non seulement nous n'avons aucune garantie scientifique pour affirmer l'être conscient, mais que ce raisonnement n'est que probable, et que cette probabilité (faible) n'est jamais certitude malgré la confusion (empirique:selon l'expérience) que l'on fait généralement entre le certain et le probable.
Quant à la critique, songer que pour les tenants de l'intentionalité, la conscience n'est rien en dehores de ce qu'elle vise et que par conséquent elle ne saurait se définir comme une pure intériorité puisqu'elle n'est que de se projeter au dehors (voir la notion de projet élaborée par Sartre, voir Husserl bien sûr pour l'idée que "toute conscience est conscience de quelque chose").
Ensuite vous pouvez aussi dire que tout raisonnement certain, nécessaire, n'est pas nécessairement scientifique au sens où Bergson l'entend (Descartes pensait ainsi raisonner de façon nécessaire pour atteindre des conclusions indubitables (=certaines) à propos de la conscience, mais pas comme si la conscience était un corps, cad qu'il ne raisonne pas à propos de la conscience en tant que physicien, mais en tant que métaphysicien. Et sans doute qu'il y a une nécessité du concept (élaboré philosophiquement).
Voilà
Bon courage pour la fin. "