Type de demande : Correction
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Bonjour,
je me tourne à nouveau vers vous pour vous demander de l'aide concernant un mini-mémoire(15 pages) que je dois rédiger , mon sujet est le suivant:
" La rhétorique des passions dans le roman La Religieuse de Denis Diderot ".
Tout d'abord , je devais rédiger une introduction ainsi qu'un plan détaillé , bloquant quelque peu su la définition du sujet , j'avais déjà demandé une correction auprès de vos services et j'ai été très satisfaite de vos conseils.
Malheureusement , ma prof n'est pas satisfaite de l'intro et du plan que je lui ai présenté.
Voici mon travail que je lui ai rendu:
INTRODUCTION
Le terme « passion » vient de pathos qui signifie douleur, souffrance.
Il désigne les « mouvements de l’âme », tels l’amour, la haine, la colère, l’envie ou la tristesse. Comprendre le jeu des passions en les distinguant les unes des autres et en les décrivant selon les rappo (...)
(...) Suite de la question (Voir directement la réponse)
rts complexes qui unissent l’âme et le corps a été l’objet des traités des passions, qui abondent dans l’histoire.
Dans sa Rhétorique, Aristote tente de décrire une logique des passions. Sa Rhétorique examine les passions de façon méthodique. La connaissance des passions permettrait, selon lui, d’adapter le discours à l’âme de l’auditeur.
Dans son ouvrage La rhétorique des passions , Gisèle Mathieu-Castellani s’interroge : « Pourquoi s’attacher à l’analyse de la rhétorique des passions ? »
Elle nous explique que l’orateur sait bien qu’il faut exciter les émotions de l’auditeur, plutôt que le convaincre en faisant appel à sa seule raison. « Et qu’il est plus efficace d’émouvoir les affections que de s’adresser à l’intelligence et au bon sens. »
Lorsque Diderot se met à écrire les lettres de Suzanne Simonin qui sont à l’origine de La Religieuse , il ne sait peut-être pas encore qu’il est en train de faire un roman. L’enthousiasme pour le romancier Samuel Richardson, la passion pour la peinture et l’expérience du premier Salon se conjuguent, en 1760, pour faire de La Religieuse le roman nouveau que Diderot veut promouvoir : susceptible de toucher le lecteur avec une énergie qui le convainque de sa profonde vérité. Or pour toucher, pour émouvoir, il faut donner à voir la réalité, sans ménager les grands effets. C’est cet art romanesque pathétique que Diderot a mis en œuvre dans La Religieuse.
Diderot, dans son roman, retrace les mémoires très touchantes d’une jeune fille, Suzanne Simonin, qui a été forcée de prendre le voile et qui demande de l’aide au Marquis de Croismare.
Comment se manifeste la rhétorique des passions dans La Religieuse de Diderot et dans quel but ?
Nous tenterons de répondre à cette interrogation tout d’abord en examinant les passions de Suzanne. Dans notre première partie, le terme "passion" sera approfondi dans son sens le plus commun, en effet nous nous intéresserons à tout ce qui touche aux sentiments et aux pensées de la narratrice.
La seconde partie sera consacrée à la rhétorique des passions au sens pathos, nous nous attacherons à l’expression des souffrances décrites tout au long du roman.
Enfin, nous tenterons d’analyser l’effet de la rhétorique des passions sur le lecteur ainsi que son but recherché par Diderot.
( Mes références :Gisèle Mathieu-Castellani, La rhétorique des passions .Presses universitaires de France, 2000.
Denis Diderot, La Religieuse. Edition établie, présentée et annotée par Claire Jaquier, Le livre de poche, collection classiques, 2000.)
Mon plan détaillé est le suivant:
Introduction
Première partie : Analyse des passions de Suzanne , au sens le plus commun du terme , à savoir tout ce qui touche aux sentiments de la narratrice.
Comme sous-parties , je souhaite traiter : Le corps féminin dans la Religieuse , le langage du corps très présent dans ce roman .
La théorie des passions selon Diderot : Dans le dictionnaire du littéraire ( PUF 2002 ) , j'ai lu à propos des passions que pour Diderot , pour bien représenter les passions , il convient de ne pas les ressentir.
En seconde partie , je propose :
La rhétorique des passions au sens pathos
- En sous partie , j'aimerais décrire la peinture des souffrances que subit la narratrice tout au lon du roman et parler du Catharsis d'Aristote ( purgation des passions)
Enfin en dernière partie , j'ai proposé :
L'effet de la rhétorique des passions sur le lecteur ainsi que son but recherché par Diderot.
- ici , en sous-partie , j'ai pensé à :
- attendrir le lecteur sur la victime innocente
- éclairer le lecteur sur la situation inhumaine que l'église favorise.
Dans cette dernière partie , je m'attacherai davantage à la rhétorique comme moyen de convaincre , art du discours , Diderot , à travers la bouche de Suzanne , fait passer sa critique sur la vie conventuelle.
Son but , à travers son roman , est non seulement d'apitoyer le lecteur mais aussi de le convaincre par la raison et l'émotion que la vie conventuelle est mauvaise pour l'etre humain et que la privation de liberté ... entraine des transformations psychologiques.
Hier j'ai rencontré ma prof lors d'un entretien et elle m'a rendu mon intro en me disant que je n'avais pas bien cerner mon sujet .
J'ai passé tellement d'heures à travailler dessus que je suis déséspérée.
Je trouve ce sujet difficile et j'attends beaucoup de votre réponse.
D'aprés ma prof , dès les premières lignes , je me suis emmélée dans la définition du terme "passion".
en effet , ce terme a differentes définition s'il s'agit de la passion en morale ( mouvement de l'ame ) ou de la passion en littérature , par exemple pour Aristote , dans sa Rhétorique , les passions sont pour lui , l'instrument privilégié de la persuasion. ( je voulais me servir de cette définition dans ma 3e partie ).
Il y a également la définition de l'église , avec la Passion du Christ , la douleur , souffrance...
Je suis un peu perdue , je dois rédiger rapidement une nouvelle intro selon ce modèle que m'a indiqué ma prof:
Définition
Historique( ma prof m'a dit que j'avais un peu commencé avec Aristote )
Problématique : rapport des passions dans la Religieuse , le role de la rhétorique ?mais je dois rédiger une problématique qui répondrait à ces interrogations.
et enfin introduction du plan.
Le plan ne lui convient pas , je dois réflèchir à un nouveau plan.
J'ai l'impression que je suis toute embrouillée, je ne sais pas vers quelle définition je dois me tourner , j'ai vraiment besoin d'aide et d'eclaircissement.
Ma prof m'a dit que dans mon intro , il n'était pas clair sur quelle base je me situe par rapport au terme"passion" : passion au sens "pathos" ou " mouvements de l'ame".
D'autre part , ma première partie n'est pas claire : sous quel plan j'envisage le terme "passion " ? sous le plan de la rhétorique , du corps ou du dialogue ?
Je pense en effet m'etre embrouilée , j'espere que les indications que je vous ai donné ( les reflexions de mon profeseur ) pourront vous aider à m'apporter une aide .
Merci d'avance
Marie Griesmar
Bonjour ! Voici ma réponse...
Si tu souhaites approfondir le sujet, n'hésite pas à poser ta propre question.
Bonjour,
il se trouve que c'est déjà moi qui vous avais répondu l'autre fois; je vais donc essayer de repartir de ce que nous avions vu et de l'adapter aux remarques de votre professeur. Tout d'abord, je comprends bien votre désarroi, surtout que j'ai vu votre réflexion de départ, ce que vous aviez envoyé l'autre fois, et que je mesure bien le chemin parcouru dans la réflexion et la rédaction entre temps, au vu de ce que vous avez rendu. J'aurais bien sûr préféré que cela vous serve dans un sens plus positif tout de suite, mais je crois qu'il ne faut pas vous trop vous catastropher. De ce que j'ai lu de votre écrit et de ce que je déduis de la réaction de votre professeur, je pense que vous n'êtes en fait pas très loin de ce qu'elle attend sur le fond, mais que c'est peut-être dans la forme que vous avez été un peu oins convaincante et qu'elle s'est focalisée là-dessus jusqu'à peut-être éluder les meilleurs aspects. Toujours est-il que même je comprends bien votre désespoir passager, je pense que vous n'avez vraiment pas à rougir de votre travail, bien au contraire. Les remarques de votre professeur montrent que même si elle n'est pas tout à fait d'accord avec votre rédaction ou votre présentation des idées, elle reconnaît qu'il y a du travail, de la réflexion derrière. Je vous propose donc de reprendre point par point ses remarques et notre travail de fond de l'autre fois.
Tout d'abord, pour l'introduction, votre professeur semble avoir un modèle bien typé d'introduction, qui au début diffère peut-être un peu de celui plus classique que je vous avais indiqué. Qu'à cela ne tienne ! nous allons suivre ce modèle.
Définition tout d'abord : je ne pense pas qu'elle vous reproche de donner plusieurs définitions; au contraire, donner plusieurs sens, les analyses les uns par rapport aux autres, chercher à comprendre comment ils se complètent ou permettent de nuancer la réponse apportée au problème, est un signe de réflexion, c'est très positif. Ce que je vous propose donc c'est de reprendre les différentes définitions de façon plus précise et plus séparée dans un premier temps. D'abord, redéfinissez passion au sens le plus commun (celui qui est proche d'amour); puis élargissez aux "mouvements de l'âme" : la passion peut être moins positive, plus destructrice (ex : la colère); enfin, on peut passer outre ces apparences, ces sens premiers, et revenir au sens étymologique : patior c'est souffrir (passion du Christ etc.). Après avoir bien délimité ces sens, vous pouvez les comparer, les discuter rapidement entre eux : dans tous les cas, c'est une dynamique qui nous bouleverse, nous chamboule, parfois pour des raisons jugées positives, mais dans les tous les cas, on en ressort différent, avec d'autres visions (et parfois différent jusque physiquement même). Ensuite, positionnez-vous peut-être alors plus précisément : "dans notre cas, nous envisagerons la passion comme un mouvement de l'âme, aux conséquences ressenties positives comme négatives, mais comme un mouvement qui nous touche de l'intérieur et nous fait changer, sans que nous sachions toujours bien pourquoi". Ce que voulait sûrement dire votre professeur, c'est qu'au-delà des sens différents du mot, on peut tous les regrouper sous cet item de mouvement intérieur (bon ou mauvais). C'est peut-être le caractère un peu abrupt de ces propos qui vous a déstabilisé; elle s'est peut-être beaucoup attaché à ce qui lui plaisait moins par rapport à ses attentes apparemment strictes, mais ce n'est pas pour cela qu'elle ne reconnaît pas votre travail (d'ailleurs, si elle était si stricte là-dessus et peu soucieuse des marques de sérieux, je ne pense pas qu'elle demanderait d'abord une introduction et un plan pour redresser ensuite si besoin la barre !). Cette définition éclaircie, revenez sur l'historique (personnellement, votre approche courte me paraissait suffisante pour une introduction), mais reprenez ce que vous savez sur Aristote plus précisément (là, vos connaissances sur le sujet dépassent les miennes, mais je ne peux que vous conseiller de résumer les principes, les grandes idées, pour ensuite mieux montrer les évolutions du mot jusqu'à l'époque de Diderot). Je pense qu'elle attend cet historique à la fois comme présentation et comme argument asseyant la discussion précédente sur la définition. Essayez de le voir comme cela.
Ceci fait (je pense qu'il faut tout simplement pour lui montrer que vous avez appliqué ces remarques faire deux paragraphes plus longs, plus rédigé en détail sur l'historique sans trop quand même, et plus séparer au début les définitions et après discussion, redonner la définition adoptée : ce n'est pas forcément l'une en particulier qu'elle attend, mais une synthèse pertinente de toutes), reprenons la problématique. Vous en êtes à mon sens très prêt : se demander "quels rapports", c'est se demander "quoi" et "comment"; s'interroger sur le rôle, au final c'est se demander pourquoi. Peut-être attendait-elle alors une formulation moins directe, plus littéraire. On pourrait donc aller vers : "comment la rhétorique des passions traduit-elle (rend-elle compte etc.) les sentiments et les mouvements (ou évolutions etc.) des personnages de La Religieuse de Diderot". Les mots sont à adapter en fonction de la suite de la réflexion, mais avec une formulation comme celle-là, vous aurez des allures de formulation plus littéraire, tout en pouvant parler des faits et des conséquences (on cherche le pourquoi des mouvements de l'âme et doit donc commencer par décrire et dire comment). Viendra ensuite bien sûr l'annonce du plan. Reprenons sur ce point donc.
A partir des analyse du premier travail, de votre réflexion qui s'en est suivie et des commentaires de votre professeur, on peut envisager (à moduler bien sûr selon les approfondissements de vos lectures et réflexions et les autres commentaires de votre professeur) :
1) La rhétorique des passions permet de montrer dans quelle mesure l'héroïne surtout est touchée par les mouvements de l'âme : amour, colère, peur, désespoir etc. Dans cette partie, je pense que vous pouvez reprendre tout ce qui touche les pensées, les réflexions intérieures de Suzanne. Vous pouvez commencer par a) le ressenti intérieur de ces passions, puis b) évoquer le cloisonnement, le malaise, le chamboulement intérieur irrémédiable qui va bientôt se traduire physiquement mais aussi c) enfin la douleur totale, finale, le pathos.
2) Ensuite, la rhétorique des passions s'étend jusqu'à la traduction physique de ce qui est ressenti : a) langage du corps, b) corps féminin, c) un changement dans le comportement, une influence plus lourde qu'il n'y paraît dans les pensées comme les réactions des gens : c'est en partie votre paragraphe sur les transformations psychologiques (et physiologiques d'ailleurs). (Cette progression qui passe de la traduction physique du malaise et du changement à une vision définitive et globale des changements engendrés est un exemple, à aménager selon vos autres idées en terme d'ordre comme de contenu).
3) Enfin, la rhétorique des passions est là pour nous convaincre comme vous l'avez bien expliqué dans votre message; c'est un exemple qui nous est montré, une "attaque" à notre intellect comme à nos points sensibles si l'on veut. N'oubliez pas que la rhétorique des passions à l'époque de Descartes se réclamait à corps et à cris de la rationalité la plus "pure" qui puisse exister. Le but est donc d'abord de convaincre, puis ensuite au besoin de persuader (donc en jouant sur les sentiments plus que les arguments intelligibles cette fois). On pourrait imaginer : a) convaincre; b) au besoin, persuader par l'exemple notamment; c) la rhétorique des passions, surtout dans cette oeuvre : un modèle de persuasion ou comment la forme est au service d'une cause à défendre; Diderot essaie de rester dans le rationnel en utilisant des mots, des raisonnements, mais finalement c'est la façon dont ces mots retentissent par rapport à l'histoire qui est racontée qui vont nous persuader ... la forme est finalement indissociable du fond et qu'on le veuille ou non, cet aspect a une grande influence (même inconsciente) sur nous.
Voilà donc pour cette proposition de raisonnement, à moduler selon vos avancées à venir. J'espère vraiment vous avoir un peu aider à éclaircir les choses, et vous avoir persuadée que sur le fond vous n'étiez pas très loin je pense de ce qui est attendu, et que c'est avant tout une question de forme, de présentation. Notre problématique n'a pas tellement changé, c'est plutôt l'agencement des idées entre elles plus que les idées elles-mêmes qui ont changé. D'ailleurs, votre professeur semble s'être focalisée sur le plan plus que les idées, preuve qu'elle est restée sur leur agencement, ce qui n'est possible que si les idées en elles-mêmes sont bonnes. En espérant encore une fois vous avoir donné une autre vision de ce sujet très difficile c'est vrai, je reste persuadé que vous allez fournir le dernier effort nécessaire pour arriver à un résultat très satisfaisant. Vous avez beaucoup travaillé, il ne vous reste plus qu'à exploiter tout ceci en travaillant la forme.
Sur ces remarques, qui en plus de vous aider un peu, vous auront aussi quelque peu rassurée j'espère, je vous souhaite bon courage et pleine réussite.