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Question posée : 93 Victor Hugo   -
- Type de demande : question

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Question posée le : 14/03/2005
Matière : en français / lettres
Type de question : question
Titre de la question : 93 Victor Hugo
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- Bonjour,
j'ai un commentaire composé à faire sur le chap 4, livre 2 "Tormentum Belli" dans 93 de Hugo. De "une des caronades de la batterie" à " sur un tremblement de terre". Je vous soumets ici le plan détaillé de mon commentaire. J'aimerais avoir vos critiques sachant que dans une précédente question, vous me répondiez qu'il ne s'agissait pas d'un récit mais d'un texte didactique et qu'il n'y a avait pas de tragique dans le passage. Mais je ne vois pas où je pourrais replacer cela, ce qu'il faut que je retire ou au contraire les points qui devraient être plus développés. C'est pour cela que je me permets de vous donner mon plan dans son intégralité. Merci pour tous les conseils et les remarques que vous pourrez m'apporter.

PLAN:
I. L'INSCRIPTION ROMANESQUE DANS UN RECIT HISTORIQUE
A. La dimension romanesque : les différents topoï
a) Une intrigue ouverte
- Hugo ménage le suspense
- Une structure-type
 (...) - 

 

- (...) Suite de la question (Voir directement la réponse)

- L'objet devient le personnage
b) Les indications spatio-temporels
- Un lieu symbolique : la mer
- La durée des événements et le rythme du récit
B. L'épisode de la caronade : une fonction narrative
a) Le déroulement de l'action
- une temporamité spécifique
- de nombreux verbes d'action
- un mode de narration rétrospectif
b) Le statut du narrateur ou la voix du récit
- un récit à la troisième personne
- la présence du narrateur : la focalisation interne
- l'apostrophe du narrateur au lecteur
C. Hugo et l'art de la description
a) Présentation et attribution de l'objet
- Le mode présentatif est omniprésent
- les verbes et les adjectifs attributifs
b) les fonctions de cette description
- une fonction narrative
- une fonction symbolique et métaphorique


II. UN RECIT AUX MULTIPLES TONALITES
A. Le caractère épique narre l'Histoire
a) L'amplication
- hyperbole
- gradations
- superlatifs
b) la simplification
- le récit épique s'organise autour de symboles
B. La vision dramatique du canon déchaîné
a) Une action tendue
- la violence des événements
- la multiplication des actions
- le suspense
b) la dramatisation du récit
- les coups de theâtre et un rythme fait de tension et d'accélération
- une écriture mimétique : phrases segmentées, les modalités émotives
C. Une scène tragique
a) "la conscience du condamné qui va au supplice"
- la détresse de l'humain face à la machine
- l'homme prend conscience des forces qui le dominent et l'écrasent
b) le lexique de la fatalité et du desespoir
- le vocabulaire de la mort
- la fatalité : une action et un temps limités


III. FACE A LA "BETE SURNATURELLE", L'IMPUISSANCE DE L'HOMME
A. La valeur symbolique et métaphysique du canon
a) le symbolisme
- une description hors-norme : l'assimilation à une bête, un monstre, un orage dévastateur
- le combat entre l'homme et la matière
b) la portée métaphysique, fantastique
- le côté surnaturel de la caronade désamarrée
- une bête aux facultés humaines : l'animisation de la matière
B. La métaphore de la violence guerrière
a) le procédé de retournement chez Hugo
- l'univers de la guerre : tout peut se transformer
- l'inversion de la monstruosité
- l'homme devient esclave de sa crétion
b) la liberté vs l'esclavage
- l'idée de vengeance : la bête devient soldat
- la rébellion contre son créateur
C. L'impuissance humaine face à ce "bloc forcené"
a) un récit peu structuré : résultat de l'impuissance
- un récit ininterrompu
- peu de connecteurs logiques, beaucoup d'oxymores
- la ponctuation et les adverbes interrogateurs
b) l'ivresse verbale comme conséquence de la peur humaine
- le déchaînement de la langue
- le balancement syntaxique
- la surabondance des adjectifs et d'un vocabulaire spécifique -

Bonjour ! Voici ma réponse...

Mon Cyberprof Si tu souhaites approfondir le sujet, n'hésite pas à poser ta propre question.


Pour que ce soit plus pratique je vais essayer de commenter point par point :
I. L'INSCRIPTION ROMANESQUE DANS UN RECIT HISTORIQUE : je vous ai dit que le texte est plus didactique que narratif. Il s'agit d'une pause dans le récit.
A. La dimension romanesque : les différents topoï
Un topos est un lieu commun, un motif stéréotypé, ce qui n'est pas le cas du suspense par exemple. J'ai l'impression que vous employez des notions dont vous ne maîtrisez pas bien la définition.
a) Une intrigue ouverte
- Hugo ménage le suspense
- Une structure-type
- L'objet devient le personnage
Je dirai plutôt qu'il s'agit d'une pause dans la narration. Je parlerai de suspension du récit plutôt que de suspense.
b) Les indications spatio-temporels
- Un lieu symbolique : la mer
- La durée des événements et le rythme du récit : toujours l'idée de suspension.
B. L'épisode de la caronade : une fonction narrative Quelle serait cette fonction ? Le contenu de la partie ne l'indique pas.
a) Le déroulement de l'action
- une temporamité spécifique : voir la suspension.
- de nombreux verbes d'action : OK
- un mode de narration rétrospectif : ce n'est pas un récit !
b) Le statut du narrateur ou la voix du récit
- un récit à la troisième personne
- la présence du narrateur : la focalisation interne Je ne vois pas de focalisation interne ici : c'est le narrateur qui commente.
- l'apostrophe du narrateur au lecteur
C. Hugo et l'art de la description : quel rapport avec ce qui précède ? Mieux vaut être moins exhaustif et plus logique dans la construction du commentaire.
a) Présentation et attribution de l'objet
- Le mode présentatif est omniprésent
- les verbes et les adjectifs attributifs
b) les fonctions de cette description
- une fonction narrative : là je suis d'accord, on peut dire que Hugo signe là une narration détournée, il raconte au moyen d'un texte didactico-descriptif.
- une fonction symbolique et métaphorique : OK


II. UN RECIT AUX MULTIPLES TONALITES
A. Le caractère épique (narre l'Histoire)inutile
a) L'amplication
- hyperbole
- gradations
- superlatifs
b) la simplification
- le récit épique s'organise autour de symboles
B. La vision dramatique du canon déchaîné
a) Une action tendue
- la violence des événements
- la multiplication des actions
- le suspense
b) la dramatisation du récit : mêmeremarque que précédemment.
- les coups de theâtre et un rythme fait de tension et d'accélération
- une écriture mimétique : phrases segmentées, les modalités émotives OK
C. Une scène tragique : je garderais ces observations pour la troisième partie et parlerais du tragique en termes de signification du texte, de portée symbolique et non en termes de tonalité.
a) "la conscience du condamné qui va au supplice"
- la détresse de l'humain face à la machine
- l'homme prend conscience des forces qui le dominent et l'écrasent
b) le lexique de la fatalité et du desespoir
- le vocabulaire de la mort
- la fatalité : une action et un temps limités


III. FACE A LA "BETE SURNATURELLE", L'IMPUISSANCE DE L'HOMME
A. La valeur symbolique et métaphysique du canon
a) le symbolisme
- une description hors-norme : en qupoi est-ce hors norme? Au contraire, il me semble qu'Hugo ne fait ici qu'utiliser une règle rhétorique, la personnification.
l'assimilation à une bête, un monstre, un orage dévastateur
- le combat entre l'homme et la matière
b) la portée métaphysique, fantastique : ne mêlez pas les deux. Il s'agit d deux choses bien différentes. Le caractère surnaturel ou fantastique est un trait de l'écriture épique.
- le côté surnaturel de la caronade désamarrée
- une bête aux facultés humaines : l'animisation de la matière : à rapprocher de la métaphore animale.
B. La métaphore de la violence guerrière : l'ensemble de cette partie est un peu floue.
a) le procédé de retournement chez Hugo
- l'univers de la guerre : tout peut se transformer
- l'inversion de la monstruosité
- l'homme devient esclave de sa crétion
b) la liberté vs l'esclavage
- l'idée de vengeance : la bête devient soldat : ok
- la rébellion contre son créateur : ok
C. L'impuissance humaine face à ce "bloc forcené"
a) un récit peu structuré : résultat de l'impuissance : bien
- un récit ininterrompu
- peu de connecteurs logiques, beaucoup d'oxymores
- la ponctuation et les adverbes interrogateurs
b) l'ivresse verbale comme conséquence de la peur humaine : bien aussi
- le déchaînement de la langue
- le balancement syntaxique
- la surabondance des adjectifs et d'un vocabulaire spécifique

J'espère que cela sera assez clair. C'est votre première partie qui demande le plus d'aménagement: essayez de partir de l'idée qu'il ne s'agit pas d'un récit ou en tout cas pas d'un récit ordinaire. Montrez que le récit s'interrompt, se suspend pour laisser place à la voix du narrateur, au présent non narratif, à la description, au didactique et que Victor Hugo raconte par des voies détorunées, originales.
Bon travail.

Eloïse

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