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Le lyrisme est l’une de ces notions fondamentales et évasives dont il est difficile de donner une définition satisfaisante, car elle est souvent plus "sentie" que déterminée par des critères formels précis.
I - Origine
À l’origine, le lyrisme unit poésie et chant sous une même rubrique. Jusqu’à la Renaissance en effet, tout poème est avant tout destiné à être chanté, et il n’y a donc pas de distinction entre un lyrisme musical (opéra lyrique, chant) et un autre poétique. La distinction s’opère dans le courant du XVIe siècle siècle lorsque la poésie, avec l’essor de l’imprimerie, sera de plus en plus destinée à être lue.
II - Définition :
De cette origine musicale vient l’association entre lyrisme et voix, à la fois au plan métaphorique et au plan énonciatif, le lyrisme étant caractérisé par la présence de la première personne du singulier.
1) la représentation du poète : les métaphores du lyrisme Par métaphore, le poète se représente se plaignant à sa lyre, la voix brisée de larmes, et son chant s’élevant naturellement. Cette fiction permet de reconnaître une posture lyrique, de même que la comparaison du "je" avec Orphée, qui charma les animaux de sa lyre, ou Apollon Dieu de la poésie, et la référence à la lyre ou au luth. Le poète lyrique parle ainsi de son chant plutôt que de son écriture, et s’inscrit dans une tradition lyrique en faisant référence aux grandes figures qui l’illustrent (Amphion, les poète antiques, etc).
La recherche de la musicalité, qui tend à faire du poème un chant, accompagne bien souvent implicitement cette attitude. Le choix de genres poétiques anciennement chantés (ballades, complaintes, lieds, chansons, etc.) comme les titres seront autant d’indices.
2) L’énonciation lyrique Tout poème lyrique se donne à lire comme l’expression d’un "moi", et la présence du "je" est une condition nécessaire du lyrisme. L’expression des sentiments personnels et de la subjectivité est donc au cœur du lyrisme, même s’il ne faut pas confondre le "je" fictionnel du poème et le personnage historique de l’auteur (de même qu’auteur et narrrateur diffèrent dans un roman). La tonalité du poème sera aussi bien pathétique qu’ironique, sentimentale ou réflexive, et il faudrait davantage définir le lyrisme comme un questionnement du moi plutôt que l’expression d’un sujet déjà constitué.